Une page se ferme, une autre s’ouvre pour les habitants de la Cité Henri IV, mais aussi pour les jeunes qui ont trouvé une voie durable vers l’insertion grâce au chantier.
Plus qu’une formalité technique, l’instant était empreint de solennité, et d’émotion.
Construites dans les années 1960, les « barres » de la Cité Henri IV ont accueilli des familles et des générations. Après les barres AC, AD, AE et AA, le bâtiment AB, dernier de l’ensemble, est en phase de démolition. Au-delà de la structure, pour tous ceux qui y ont vécu, ce sont les souvenirs d’une vie qui y ont rattachés. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs témoigné avant le lancement officiel des travaux de démolition, ce lundi 20 avril.

« Ce qui s’écroule aujourd’hui ce n’est pas que du béton, a commenté Harry Durimel, maire de Pointe-à-Pitre, 1e vice-président de Cap Excellence. C’est un tournant dans la vie de ceux qui ont accumulé des pages d’histoire ici. Il y a de l’émotion, mais aussi de l’ambition ! Il ne s’agit pas juste de faire tomber les murs, mais d’ouvrir les portes d’un avenir meilleur pour les Pointois. »
L’opération, menée par la SIG avec Cap Excellence et la ville de Pointe-à-Pitre, « devrait durer deux mois », selon Gwaeva Bicep-Méri, cheffe de projet Mission ANRU. Ensuite, le site pourra accueillir les nouveaux aménagements prévus dans le programme de Renouvellement Urbain de Cap Excellence. La construction du nouvel ensemble est programmé sur 3 à 4 ans.


Un nouveau cadre de vie
« L’ambition est claire : offrir aux habitants un cadre de vie moderne et respectueux de l’environnement, annonce Olivier Bajard, directeur général de la SIG. Le bâti sera différent en termes de consommation d’énergie, de recyclage des eaux de pluie, moins dense avec des îlots de fraîcheur, plus de verdure… C’était l’un des souhaits du maire de la ville : avoir un environnement qui soit plus un village dans la ville plutôt qu’une grosse barre dans la ville. »

Les nouveaux bâtiments seront synonymes d’une nouvelle vie pour les habitants, mais aussi pour les jeunes du quartier qui ont pris un nouveau départ grâce à ce chantier. Une collaboration soutenue avec les associations de quartier, le Département, la SIG a permis d’optimiser les heures d’insertion avec des formations diplômantes qui aboutissent à des CDI.
« L’enjeu, c’est de permettre aux jeunes d’avoir un bagage qui leur permette de travailler un peu partout dans le monde, précise Olivier Bajard. Nous avons formé des jeunes au désamiantage. Il y en a ici, à Pointe-à-Pitre, sur le territoire de Cap excellence, à Kourou et en Martinique : ces jeunes ont du travail pour plusieurs années et c’est intéressant. »
Une page qui se tourne pour laisser la place à un nouveau chapitre. À écrire collectivement.
Cécilia Larney
























