La société IT2 a présenté les premiers résultats de son expérimentation des pièges pour les charançons, insectes qui attaquent les plantations de patates douces. Avec ces pièges, les agriculteurs peuvent être plus sereins concernant leurs plantations, car les charançons sont agressifs et ont découragés de nombreux planteurs au cours des années.
Darry et Florence Dambas produisent depuis 2021 des patates douces à Anse-Bertrand par le biais de leur marque Monsieur Patate. Pour l’expérimentation des pièges de charançons mis en place par le projet PARSITROP, c’est leur exploitation de 5 hectares qui a été utilisée afin d’analyser les premiers résultats.
Si le couple Dambas s’est penché vers la production de patates douces, c’était en raison du manque d’eau pour la production de bananes qu’ils faisaient initialement. Cependant, comme tous les producteurs de patates douces, ils ont dû faire face aux charançons et leur impact dévastateur sur le rendement. Les insectes mangent les plants, notamment les petits plants ainsi que les feuilles et les tiges.
Les expérimentations ont commencé au mois de février et se poursuivront jusqu’à la récolte des patates. Les pièges proposés fonctionnent avec les phéromones, un diffuseur de phéromones féminines est placé dans un piège avec un bac d’eau savonneuse qui viendra noyer les charançons mâles qui se rendront dans le piège en voulant s’accoupler.
Le piège ainsi permet de court-circuiter la reproduction de l’insecte et son impact sur les cultures de patates douces. Le charançon est un problème majeur car il n’y a pas d’insecticide disponible pour les contre-carrer.
« Avant nous avions quelques techniques, mais à long terme ça ne suffisait plus. On faisait des rotations, on récoltait plus tôt pour ne pas laisser les patates trop longtemps dans le sol. Je pense que le piège est une bonne solution », explique Darry Dambas. Sa femme Florence constate la différence sur l’exploitation, notamment au niveau des feuilles qui brillent par leur présence et l’absence de trous et de dégradations causées par l’insecte.
Marcel Bohrer :
Le projet PARSITROP a opté pour plusieurs solutions, une solution de faible densité avec 1 piège sur une parcelle test qui correspond à 10 pièges par hectare, et une densité élevée avec 10 pièges sur une autre parcelle test qui correspond à 100 pièges par hectares.
Les premiers résultats indiquent que 4 fois plus de charançons sont piégés dans les parcelles à forte densité. Il faut noter que le charançon est un insecte particulièrement nuisible en raison de sa durée de vie très longue pour un insecte (jusqu’à 5 mois de vie) et sa reproduction élevée, certaines femelles pondant jusqu’à 250 œufs.
Les premières analyses sont donc encourageantes, mais il reste encore à analyser la qualité de la récolte avec les pièges afin de déterminer s’il y a une amélioration.
« Il est important de passer régulièrement pour entretenir les pièges, car ils fonctionnent avec l’eau savonneuse qui vient noyer les charançons. Ces pièges sont également sujet aux aléas climatiques », rappelle Marcel Bohrer, chef de projet PARSITROP.
Au cours de la visite de l’exploitation du couple Dambas, les différents types de piégeages étaient distinguables sur la grande parcelle de 5 hectares. Le projet compte déployer des tests également sur des parcelles du nord Basse-Terre qui possèdent une espèce de charançons plus petite que celle d’Anse-Bertrand. L’objectif est de confirmer les résultats encourageants observés.
Tafari Tirolien

























