Roland Ménil est mort. Cette disparition ne laisse pas Serge Letchimy insensible.
« J’ai appris avec une profonde tristesse la disparition de Roland Ménil. La Martinique perd une grande figure de transmission, de conviction et d’engagement. Un homme qui, toute sa vie, aura placé la jeunesse, l’éducation, le sport et la conscience politique au cœur de son action.
Roland Ménil fut un grand enseignant mais il fut surtout un éducateur au sens le plus noble du terme. Il savait que former un jeune ne consistait pas seulement à lui transmettre un savoir, une discipline ou une technique. C’était aussi l’aider à se tenir debout, à se construire, à comprendre le monde, à trouver sa place dans la société martiniquaise.
Je garde de lui un souvenir personnel fort. Roland Ménil a été mon entraîneur au Good Luck. Sur un terrain de football, il ne voyait pas seulement des joueurs. Il voyait des jeunes Martiniquais à accompagner, à encadrer, à responsabiliser. Il avait cette exigence, parfois rude, mais toujours profondément humaine, qui marque durablement une vie.
Il fut aussi un homme de combat politique, un militant progressiste et un homme d’idées. Nos chemins politiques ont évolué différemment, mais jamais le respect ne s’est rompu. Roland Ménil fut un opposant loyal, exigeant, intransigeant dans ses positions, mais toujours habité par une certaine idée de la Martinique, de sa dignité, de son peuple, de son émancipation.
Cette loyauté dans la divergence mérite d’être saluée. Elle dit quelque chose d’une époque, mais aussi d’une manière de faire vivre le débat public : avec force, avec franchise, avec hauteur.
À sa famille et à ses proches, j’adresse mes condoléances les plus sincères. »

























