Opinion. Pour la paix en Haïti, il faut plus qu’une messe

Samedi 9 mai 2026, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé était en Italie. Il a été reçu en audience au Vatican par le pape Léon XIV dans la matinée. 

Dans l’après-midi, le chef du gouvernement a assisté à une messe pour la paix en Haïti célébrée par le numéro deux du Saint-Siège, le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin, en la basilique Sainte Marie Majeure, à Rome. 

Pendant que les volutes d’encens et les bonnes paroles de l’homélie posaient le décor de l’apaisement, les nouvelles venues d’Haïti étaient terribles. 

À Carrefour Robert dans l’Artibonite, un nouveau massacre était perpétré par les gangs de Savien et autres forces criminelles qui terrorisent les populations de ce département depuis des années. Les photos et vidéos circulant sur les réseaux sociaux ne laissent aucun doute sur la barbarie des exactions et infusent la peur chez les survivants. 

Le même samedi 9 mai, la messe pour la paix s’achevait à peine à Rome que les habitants de plusieurs quartiers de Cité Soleil étaient jetés sur les routes de l’exode. Les rumeurs annonciatrices de violents affrontements entre bandes rivales avaient repris avec une intensité inégalée. 

Dimanche 10 mai, c’est un nouveau communiqué du groupe des quatre entreprises parmi les plus anciennes et les plus importantes du pays – Barbancourt, La Couronne, Séjourné et Comme Il Faut- qui rappelait AU gouvernement et à l’État haïtien leurs devoirs. 

Ces entreprises, pourvoyeuses d’emplois et importantes contributrices au fisc, attendent depuis des jours une réponse, un rendez-vous, une action concrète de la part des autorités face à la dégradation accélérée de leur espace géographique de production. Une situation qui favorise la mainmise des gangs sur la région. 

Depuis dimanche et jusqu’à ce lundi, les images de regroupements sur la route de l’aéroport international Toussaint-Louverture témoignaient du choc subi par les habitants de Cité Soleil, pris en étau dans la guerre des gangs pour le contrôle de la commune. 

Ces nouveaux déplacés internes vont rejoindre les statistiques des organisations internationales pendant que rien ne permet de mesurer leur souffrance, de l’atténuer, ou de la réparer. 

À chaque fois que les gangs décident de semer le trouble, le pays assiste impuissant à la débâcle. Les autorités politiques se taisent. Les forces de sécurité sont dépassées. La Force de répression des gangs se fait attendre.

Pour ramener la paix en Haïti, il va falloir plus qu’une messe. 

Source : Le Nouvelliste (Frantz Duval)

Lien : https://lenouvelliste.com/article/267187/pour-la-paix-en-haiti-il-faut-plus-quune-messe

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