Portée par le sénateur de Guyane, Georges Patient, la proposition de loi permettant à la Guyane d’explorer et d’exploiter des hydrocarbures a été rejetée.
Par 73 voix contre et 64 voix pour, l’Assemblée nationale a rejeté, jeudi 11 juin, la proposition de loi visant à lever, dans les territoires d’Outre-mer, les interdictions d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures. Dans un communiqué, Gabriel Serville, président de la Collectivité Territoriale de Guyane, exprime sa « profonde déception ».

« Refuser cette possibilité revient à priver la Guyane d’un outil de connaissance et d’un levier potentiel de développement, indique-t-il. La Guyane connaît une croissance démographique parmi les plus fortes de France, alors même qu’elle demeure confrontée à d’importants retards structurels en matière d’infrastructures, d’accès aux services publics, de logement, de santé, d’éducation et d’équipements collectifs.
Notre territoire doit répondre à des besoins considérables avec des moyens qui demeurent insuffisants au regard des enjeux.
Dans ce contexte, alors que la Guyane doit financer son rattrapage économique et social, créer des emplois, renforcer son autonomie énergétique et préparer son avenir, il est difficile de comprendre que l’on refuse à la Guyane le droit d’étudier les ressources dont elle pourrait disposer.
Cette décision maintient une forme d’inégalité entre les territoires et nourrit le sentiment que les réalités ultramarines sont encore trop souvent appréhendées à travers un prisme éloigné de nos besoins concrets. La transition écologique est un impératif que personne ne conteste. Mais elle ne peut se construire en ignorant les défis de développement auxquels sont confrontés les territoires les plus fragiles et les plus sous-dotés de la République.
La Guyane ne demande pas de privilège. Elle demande simplement le droit de construire son avenir avec les mêmes possibilités d’analyse, d’évaluation et de décision que les autres territoires. »


























