Haïti. Que sont devenus des centaines d’enfants haïtiens entrée au Chili l’an dernier ?

Au Chili, le président José Antonio Kast a ouvert une cellule de crise pour retrouver la trace d’enfants haïtiens entrés dans le pays l’année dernière dans des conditions suspectes.

La justice chilienne enquête sur un possible trafic d’êtres humains concernant des citoyens haïtiens et qui impliquerait des compagnies aériennes, des agences de voyages et des avocats, a rapporté RFI, le vendredi 19 juin 2026.

L’enquête a été initiée après les révélations de la radio chilienne Biobio, qui a rendu public un rapport de la Cour des comptes. Celui-ci signalait des irrégularités dans l’entrée de dizaines d’enfants haïtiens sur le territoire en 2025. Des premiers signalements avaient été faits dès 2023 sous le précédent gouvernement du président Gabriel Boric.

C’est dans le cadre de regroupements familiaux que ces enfants haïtiens seraient arrivés au Chili dans des vols charters et accompagnés de douze adultes avec qui ils n’auraient aucun lien de parenté.

200 enfants évaporés

L’enquête, qui a été ouverte pour éclaircir ces faits, indique que la trace de 200 enfants aurait été perdue après leur entrée sur le sol chilien, ce qui a mis les autorités en état d’alerte.

Le président José Antonio Kast a alors convoqué jeudi une réunion de crise. « Notre focus, c’est précisément de savoir où sont ces enfants ? Dans quelles conditions se trouvent-ils ? Et comment prendre soin d’eux et les protéger dans le cas où ils seraient abandonnés ou en détresse », a déclaré Claudio Alvarado le ministre de l’Intérieur et porte-parole du gouvernement.

Mais plusieurs imprécisions demeurent, notamment au sujet du nombre d’enfants concernés. Le directeur du service des migrations assuré qu’ils seraient plus de 200 quand le rapport de la Cour des comptes évoque une soixantaine d’enfants introuvables. Le procureur général de la République, lui, se montre prudent et estime que l’enquête doit encore « déterminer les faits et la quantité de personnes affectées ».

Jeudi soir, selon la radio Cooperativa, sept enfants auraient été localisés par des agents municipaux dans une commune du centre de la capitale. Tous scolarisés et pris en charge par des adultes responsables. Au-delà d’un possible cas avéré de trafic d’êtres humains, il semblerait aussi dans cette affaire qu’il y ait eu une grave absence de coordination entre les différents services de l’État, selon la dépêche de RFI.

Le parquet chilien a annoncé lundi 15 juin l’ouverture d’une enquête pour un possible trafic d’êtres humains après l’entrée dans le pays de centaines de mineurs haïtiens en 2025, les liens de parenté avec les adultes qui les accompagnaient n’ayant pas été vérifiés.

L’enquête a été déclenchée après les révélations de la radio chilienne Biobio, qui a rendu public un rapport de la Cour des comptes. Celui-ci signalait l’entrée de centaines d’enfants haïtiens sur le territoire en 2025, officiellement dans le cadre d’un regroupement familial.

Selon le Service national des migrations, au moins douze personnes sont entrées à plusieurs reprises au Chili en se présentant « comme les adultes responsables » d’enfants et d’adolescents haïtiens. L’organisme a demandé l’ouverture d’une enquête.

D’après un communiqué du parquet, le lien de parenté entre les accompagnateurs et les enfants « n’aurait pas été vérifié par les autorités compétentes », ni pendant le voyage ni lors de l’entrée sur le territoire chilien. « Il s’agit de faits graves qui nécessitent une enquête spécifique (…) afin de déterminer s’ils constituent ou non des infractions pénales », a déclaré Eugenio Campos, directeur de l’unité anticorruption du parquet national, dans une vidéo envoyée à la presse, a rapporté RFI.

Côté haïtien, l’IBESR se fend d’un rappel

L’institut du bien-être social et de recherche, l’IBESR, dans un communiqué obtenu par Le Nouvelliste, a rappelé  « l’importance du respect des procédures de protection de l’enfant dans les déplacements internationaux ».

« L’IBESR salue la solidarité des pays amis qui, face à la crise que traverse Haïti, ont mis en place des mécanismes et programmes humanitaires visant notamment à favoriser la réunification familiale des enfants avec leurs proches.Toutefois, ayant été informé de l’arrivée au Chili de certains enfants haïtiens sans que les procédures requises n’aient été pleinement observées, l’Institut tient à rappeler que, nonobstant les accords existants entre les États concernés, le respect des procédures nationales de protection de l’enfance demeure une obligation pour tous les acteurs impliqués », peut-on lire dans un communiqué de la direction générale de l’IBESR, 19 juin 2026. 

« L’autorisation de départ délivrée par l’IBESR constitue une garantie essentielle permettant d’assurer la traçabilité des mouvements d’enfants, de vérifier la conformité des démarches entreprises et de veiller au respect de l’intérêt supérieur de chaque enfant », peut-on lire dans ce communiqué. 

« L’IBESR lance un appel à l’ensemble des acteurs concernés afin qu’ils observent rigoureusement les dispositions légales et administratives en vigueur. La protection des enfants est une responsabilité partagée qui exige de chacun vigilance et engagement », a indiqué l’IBESR. « Ensemble, veillons à ce que les mécanismes destinés à réunir les familles demeurent avant tout des mécanismes de protection, capables de préserver les enfants contre toute forme d’exploitation, d’abus, de traite ou de déplacement irrégulier », selon la direction générale de l’IBESR.

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