CONGRES DES ELUS SUR L’EAU – En direct du Conseil départemental

9 H 42, Le président Guy Losbar ouvre le Congrès des élus sur l’eau. Moment très attendu. A sa droite, le préfet de région Thierry Devimeux, puis les vice-président(e)s, Jean-Philippe Courtois, Maryse Etzol, à sa gauche, Jean-Claude Nelson, vice-président en charge de la Culture, représentant le président de Région, Ary Chalus, retenu à Paris, Jean Bardail, vice-président de Région, Henri Angélique, vice-président du Département.

Dans le pourtour de l’hémicycle et au centre de celui-ci, conseillers départementaux et régionaux, maire ou adjoints, grands élus de la nation. En arrière, des représentants du monde économique et des associations d’usagers de l’eau.

A l’issue du Congrès, Guy Losbar a dit sa satisfaction :

L’appel fait, Guy Losbar va prononcer le discours d’ouverture. Mais, auparavant, il demande une minute de silence pour Jean-Claude Maès, maire de Capesterre de Marie-Galante, conseiller départemental, récemment décédé.

Guy Losbar décrit des Guadeloupéens sans eau… Un monde économique privé d’eau. « Leurs visages, je les porte en moi… »

« IL FAUT COMPRENDRE COMMENT NOUS EN SOMMES ARRIVÉS LÀ… »

Guy Losbar parle du contrat d’affermage de 1968, premier contrat entre la ville de Pointe-à-Pitre et une succession d’opérateurs… au fil des décennies. « Depuis cette date, le temps a passé… et « pendant toutes ces années, les responsabilités se sont croisées, Etat, collectivités, exploitants, élus qui, de génération en génération, ont eu à connaître ce dossier. Ce Congrès n’est pas un tribunal… La colère, aussi juste soit-elle, ne répare pas une canalisation. Il faut regarder devant, ensemble, pour construire : 70% de l’eau ne vient pas dans nos robinets. »

« Nou pé pa kontinyé konsa ! Vous attendez non pas des mots mais des actes ! C’est pourquoi j’ai pris la responsabilité de ce Congrès. Il faut sortir, ce soir, avec des décisions précises. »

«150 millions du Département », redit Guy Losbar. Chaque euro, promet-il, doit être pour réparer, changer, des canalisations.

« Il faut arriver à la fin des tours d’eau », exorte-t-il.

« Il faut soulager les familles qui souffrent. Pour cela, avec les autres collectivités, la Région, les communes, je fais la proposition de faire l’acquisition de citernes : pour toutes les écoles, pour les entreprises artisanales, pour les quartiers les moins favorisés. »

« Nous devrons travailler à restaurer le lien rompu entre les opérateurs de l’eau et les usagers. »

UN PRIX IDENTIQUE SUR TOUT LE TERRITOIRE

C’est une proposition de Guy Losbar, que, quel que soit le quartier de l’archipel, l’eau en quantité et de qualité soit à un prix unique (ce qui n’est pas le cas actuellement).

Autre exigence : modifier le fonctionnement du SMGEAG pour qu’il soit plus efficace.

Et encore, le problème des réseaux pour les services de secours, souvent obsolutes, pas alimentés en eau. Et aussi les stations d’épuration… Le chaniter est colossal.

Il demande le secours de l’Etat et des mesures exceptionnelles de financement pour répondre à cette crise. Il propose aussi que les élus viennent, régulièrement, rendre compte de l’avancée des travaux, avec les instances de contrôle mises en pace aux côtés du SMGEAG.

Le préfet Thierry Devimeux :

LA PAROLE A LA RÉGION

Jean-Claude Nelson intervient à son tour. Le vice-président substitue Ary Chalus, absent.

Il rappelle le rôle du nouveau président du SMGEAG, Henri Yacou : « Empêcher que le problème de l’eau ne mette le feu à la Guadeloupe. Sortir les usagers de l’enfer de l’eau. »

La Région entend sortir de cette crise dans un calendrier qui engage tous les élus.

« Le SMGEAG traverse une crise structurelle majeure. Nous ne voulions pas ce syndicat unique. On nous l’a imposé. Nous ne sommes pas étonnés du rapport de la Chambre régionale des comptes. Ainsi, l’accompagnement du SMGEAG doit être collectif. Nous prendrons notre place. Nous avons investi 226 millions d’euros en fonds propres et au travers des fonds européens… », rappelle M. Nelson.

Plusieurs propositions : redistribuer des agents vers les collectivités, pour alléger les charges en salaires du SMGEAG. « Il s’agit de calibrer les effectifs au regard de la capacité financière de l’établissement. »

Deuxième proposition : alléger les procédures pour les marchés publics.

Troisième proposition : défiscaliser les infrastructures d’adduction d’eau.

Quatrième proposition : former les jeunes aux métiers de l’eau.

Cinquième proposition : demander le contrôle par le Parlement des effets de la loi qui a créé le SMGEAG.

« Soit nous continuons à gérer la pénurie, soit nous décidons ensemble l’action, la responsbilité, l’espérance. »

Jean-Claude Nelson demande un sursaut, une volonté, une synergie pour soulager « cette Guadeloupe qui souffre. »

LE PRÉFET EST AU MICRO…

Thierry Devimeux salue les élus.

Il souligne que l’Etat est aux côté des élus dans ce dossier de l’eau.

« Nous avons financé… mais le déficit du syndicat ne fait que s’accroître d’année en année. »

« Nous savons comment sortir de cette crise. »

La menace est implicite : « si les collectivités agissent toutes ensemble, l’Etat sera là. Si rien n’est fait, l’Etat se retirera. Le choix est simple : soit nous assumons collectivement les responsabilités, soit nous refusons l’effort collectif et nous prenons le risque de voir s’effondrer le service de l’eau. »

Il dit n’avoir aucun doute sur la décision qui sera prise par les élus. Thierry Devimeux est applaudi.

La parole est ensuite donnée aux représentants des EPCI.

« SERONS-NOUS À LA HAUTEUR DE CE RENDEZ-VOUS ? »

Cap Excellence est représenté par Fabert Michely, vice-président. Il donne la méthode de travail, demandant de faire un audit des zones qui ont le plus besoin d’interventions, de décider d’un calendrier d’urgence, de trouver les financements…

Il rappelle que le déficit du SMGEAG avoisine les 100 millions d’euros, tout cela pour que rien n’avance au fil des mois et des années.

« Nous devons construire un modèle économique durable et partagé », demande-t-il.

Il souscrit à la proposition de Victorin Lurel d’une Opération d’Intérêt National.

La CARL n’est pas représentée.

Adrien Baron, président de la CANBT, intervient à son tour. « J’ai une pensée affectueuse pour Ary Chalus… »

Adrien Baron.

Son inquiétude : « serons-nous à la hauteur de ce rendez-vous ? »

Il demande aux élus du sérieux, abandonner les habitudes du coup de couteau dans le dos. Et de se rappeler le mot préféré du président Jacques Gillot (ancien président du Département) : « consensus ».

Il souhaite… « Bon courage à mon ami Henri Yacou. Un homme courageux qui ne recule jamais devant l’adversité… »

Thierry Abelli, président de la CANBT. « Nous sommes prêts à prendre 37 agents du SMGEAG et à faire l’effort de financer des travaux sur notre zone… » Mais il rappelle aussi que l’EPCI a toujours 11 millions de déficit. Et que la contribution sera à la hauteur des possibilités de la CANBT.

Jean Bardail s’exprime au nom de la CANGT.

Son discours est hardi, volontaire. Il faut restaurer la confiance, suivre les recommandations de la CRC, mettre en œuvre le plan de départ volontaire.

Le message est clair : les élus doivent s’unir, sans arrière-pensées, pour faire avancer ce dossier de l’eau. La gouvernance à 4 — Etat, Région, Département, SMGEAG — doit donner de la place aux EPCI pour participer aux décisions. « C’est l’esprit de la loi qui a créé le SMGEAG », rappelle-t-il.

« Il faut gouverner ensemble ce service public essentiel de l’eau. »

Maryse Etzol représente la Communauté de Communes de Marie-Galante.

MARYSE ETZOL : « NOS MOYENS RESTENT LIMITÉS »

« Je suis très fière de ce que nous avons accompli à Marie-Galante. Mais, je reste insatisfaite et exigente. Marie-Galante est montrée en exemple. Nous, à Marie-Galante, distribuons de l’eau en permanence, conforme aux normes. Cela peut sembler remarquable, mais, notre situation apparaît sous un jour plus nuancé par rapport à d’autres régions. Nous perdons de l’eau. Nos réseaux sont vieux, il y a des fuites. Depuis 2 ans, le rendement a baissé. Ce n’est pas acceptable. Nous veillerons à ce que les efforts de renouvellement et de sécurisation des réseaux soient une réalité. »

Un programme a été mis en place. 80% de celui-ci a été mis en œuvre et achevé. Mais…

« Nos moyens propres restent limités. Les recettes perçues auprès de nos abonnés couvrent les coûts de fonctionnement mais ne permettent pas de financer les investissements. »

Maryse Etzol remercie l’Etat, l’Office de l’eau, l’Office français de la biodiversité qui ont financé l’assainissement sur Marie-Galante.

Jocelyn Sapotille, président de l’Association des Maires de Guadeloupe, est au pupitre.

Un litre d’eau sur deux n’arrive pas au robinet, deux cents ans au rythme actuel pour solutionner le problème.

« Derrière la crise de l’eau, il y a la crise de la responsabilité », rappelle-t-il. « Un Congrès des élus n’a d’intérêt que s’il tranche le nœud gordien. »

« Gérer de l’eau est affaire de professionnels. Cessons de nous substituer à ces professionnels. A nous la stratégie, la vision, le contrôle, le suivi. Notre rôle c’est la péréquation. C’est là où les élus ont failli. Certains ont cru, en prenant la place des professionnels, qu’ils feraient mieux. Les opérateurs n’ont pas fait le travail mais les élus non plus, qui n’ont rien fait, n’ont rien contrôlé. »

Il lance : « L’argent que nous avons mis a été mal dépensé. Plutôt que d’investir on a financé le fonctionnement. »

La régie ? « Une régie qui ne fonctionne pas est une coquille vide ! »

Propositions : un calendrier pour la régie, « avec une femme ou un homme qui connaît les métiers de l’eau. »

« L’eau doit pouvoir payer l’eau. Même si l’eau ne pourra pas payer tous les investissements. L’eau est trop chère sur le territoire, 18% de plus que la moyenne nationale. Pour une eau de mauvaise qualité, qui n’arrive pas toujours dans les robinets. Trois tranches : l’eau essentielle, à un prix social. L’eau utile, à prix coûtant du service, pour le confort, remplir les piscines… Enfin, l’eau pour les activités économiques. »

Il appelle à ce que ceux qui ont la main sur le robinet cessent de couper l’eau par méchanceté… « C’est le cas dans ma commune. »

Le discours de Jocelyn Sapotille :

HENRI YACOU LAISSE PARLER SES ADMINISTRATIFS

Henri Yacou, président du SMGEAG, affirme avoir choisi de répondre, ce matin, à tout ce qu’il a entendu.

« Ce n’est pas le Congrès du syndicat. La seule autorité c’est le SMGEAG, avec la contribution des collectivités et de l’Etat. »

Dominique Laban, directeur par intérim, et Maurice Renaison, agent comptable, sont amenés à prendre la parole pour dire les choses à la place du président. 519 agents, de droit privé, fonctionnaires, etc. transférés en 2021. « Trois ans pour mettre en œuvre des actions urgentes. Ceci à un rythme accéléré pour éviter les ruptures. »

Depuis 2023, la direction générale s’est enrichie de directions… Le SMGEAG, sur la base de cette trame, fait fonctionner 34 stations de pompage, 18 stations d’épuration.

Dominique Laban explique que « le SMGEAG est en train de réaliser une transformation significative. » 312 millions d’euros pour faire les travaux de rénovation des réseaux… mettre en place des forages pour diversifier les ressources, etc. Et aussi rattraper le déficit d’investissements dont a souffert le SMGEAG. « Ceci dans un climat social apaisé », précise-t-il.

Le pilotage du SMGEAG a conduit à des amélioations : moins d’heures supplémentaires, moins de véhicules de services … « Nous ne sommes pas dans la contemplation finncière mais dans la transformation. »

Il demande que les financements ne soient plus au coup par coup, mais envisagés sous la forme de dotations pluriannuelles.

Maurice Renaison, agent comptable du SMGEAG. « C’est une maison très sinistrée. Une maison qui, du 1er janvier au 31 décembre est en déficit. 40 millions chaque année. » Moins 70 millions en 2025. En 2024, c’était moins 4 millions. « En juillet 2026, nous pouvons dire que ce sera cette année moins 110 millions. »

Créances : 146 millions d’euros. Dettes : près de 89 millions jusqu’à présent, 105 millions en 2026…

Que faire ? Pour M. Renaison, c’est « un combat patriotique. » 

Retour d’Henri Yacou.

Il rappelle le devoir de réussir qui s’impose à lui. Pas à pas, progresser, chaque jour. « Je ne serai pas ingénieur eau et assainissement », prévient-il.

Mais, vis à vis de sa famille, de ses voisins, des Guadeloupéens, il a une responsabilité qu’il entend assumer avec son conseil syndical, les administratifs, les techniciens.

HENRI YACOU : « MA FEMME M’A DIT… »

« Ce matin ma femme m’a dit… Elle m’a demandé ce que j’allais faire là. J’écoute ce que me disent les administrés, j’écoute les élus. J’écoute tous ceux qui tapent sur l’entreprise. Mais, je voudrais qu’on respecte les agents du SMGEAG. J’entends tout le monde. Le patron c’est moi et je ne veux pas qu’on tire sur les élus. Le responsable c’est moi. Comptez sur moi, Monsieur le préfet, pour que les choses fonctionnent. »

Henri Yacou dépasse son temps de parole. Il veut un contrat pluriannuel de gestion. Il veut s’inspirer de ce qui marche ailleurs. Il veut un contrat financier de juillet à décembre 2926. Il veut un budget annexe. Il veut un fond de solidarité eau. Il veut qu’on relance un plan d’eau pour utiliser l’eau agricole pour les actions du SDIS. Il veut, il veut… Il veut un référent eau dans chaque commune. Bonne idée !

C’est au tour des socioprofessionnels de s’exprimer : d’abord Bruno Blandin, de l’UDE-MEDEF, qui veut « sauver le tissu économique, l’emploi dans l’archipel. » Il demande, entre autres choses, « une compensation pour le tissu économique et les Guadeloupéens. »

Il ne se satisfera pas de promesses mais veut « des actes ».

« Le SMGEAG doit 80 millions d’euros aux entreprises de Guadeloupe. Les entreprises ne doivent pas être le banquier du SMGEAG. »

Il demande aussi que les entreprises locales soient privilégiées sur les chantiers de l’eau.

Olivier Serva, député :

Patrick Vial-Collet, président de la CCI-IG. « Nous venons demander à l’Etat de nous aider. C’est une urgence nationale. »

A Guy Losbar : « Vous donnez de l’espoir aux Guadeloupéens. Il faut sortir de cette crise. »

« Qu’est-ce que ça coûte aux entreprises ? Deux fléaux : les sargasses et l’eau. L’eau, ça coûte 50 millions d’euros aux consommateurs et aux entreprises. Perdus ! »

Les interventions se succèdent… La Chambre de métiers, 25 000 artisans. Dont la plupart ne peuvent pas fonctionner sans eau.

Des propositions ? La Chambre de métiers veut un engagement de longue durée, un calendrier, des financements, une obligation de résultats… Des informations aussi… Un système d’information fiable, moderne.. pour que les entreprises soient informées suffisamment tôt des coupures pour s’organiser. Et aussi accompagner financièrement les entreprises les plus impactées.

« Donnez-nous de l’eau avant de nous engager à payer ! », lance son représentant, Franck Lasserre, qui souhaite que le monde économique participe à la gouvernance de la gestion de l’eau.

Le grand chantier de l’eau doit profiter aux entreprises guadeloupéennes, permettre à de jeunes guadeloupéens formés de travailler… Il faut former à tous les métiers autour de l’eau.

Elie Califer, député :

José Gaddarkhan, président de la FRBTP Guadeloupe : « La situation de nos entreprises est critique. 180 millions d’impayés. Des créances non réglées depuis des mois, des années, des marchés à commande sans instructions. C’est de l’asphyxie. Le SMGEAG doit plus de 20 millions d’euros à ces entreprises. Vous parlez de formation pour avoir des techniciens qui serotn embauchés dans ces entreprises locales. Bientôt,si ça continue, vous n’aurez plus d’entreprises locales pour les employer. »

JOSÉ GADDARKHAN : « PAS DE BIENVEILLANCE MAIS LE RESPECT DES MARCHÉS ! »

Les moratoires mis en place par l’URSSAF, la DFRIP… ne fonctionnent pas. « On ne peut pas continuer comme ça. On nous accompagne mais.. Les entreprises n’ont, pour certaines, pas la capacité de payer les salaires, les charges sociales, les fournisseurs… Et, c’est une injustice de voir que nos entreprises ne sont pas payées, ne peuvent pas se maintenir. »

« Aujourd’hui, nous lançons des travaux pour les collectivités… et nous ne sommes pas payés. Quand le préfet fait des réunions, il n’y a pas d’élus, mais des fonctionnaires qui nous disent qu’ils ne peuvent pas faire autre chose que d’écouter. Ils ne sont pas décisionnaires. Maintenant, nous n’acceptons plus cela ! Nous voulons le paiement immédiat des entreprises dans un délai de 30 jours, la suspension des décisions de la DRFIP et de l’URSSAF… Des avances pour acheter les matériaux et ouvrir les chantiers… Nous ne demandons pas de la bienveillance mais le respect du code des marchés publics. »

Dominique Virassamy, de Sauvez Nos Entreprises Guadeloupéennes, puis Jean-Claude Malo, président de la Commission de surveillance, Daniel Marianne, secrétaire de cette commission… les interventions se succèdent.

Arnaud Fidelin, président du bureau d’études ARFI, présente l’audit fait sur le SMGEAG et le plan d’action pour sortir de la crise.

« Ce sont des jalons pour sortir de la crise actuelle. Il nous faut comprendre les problématiques, voir quel plan d’actions mettre en place et les unités de mesure pour évaluer si ces actions sont réalisables », explique M. Fidelin.

En fait, 55 millions de m3 disparaissent dans la nature chaque année, l’équivalent de l’alimentation en eau de Marseille.

En 2024, il y a 8 000 fuites réparées et une baisse des tours d’eau. En 2025 et en 2026, les tours d’eau ont empiré, avec de nouvelles communes concernées. « La situation a empiré ! »

Quatre piliers d’intervention : gérer les infrastructures, via le PPI; détecter et gérer les fuites; renouveler les branchements; gérer les pressions.

On a estimé à 780 millions d’euros sur 10 ans le montant du PPI (gestion des infrastructures) dont 215 millions pour les trois prochaines années (PPI accéléré jusqu’en 2027). 108 millions ont déjà été engagés.

Le réseau perd de l’eau sur les branchements (90% des fuites recensées). Fuites connues, détectées, répertoriées peuvent être réparées. Les fuites connues… mais pas visibles. Les fuites diffuses, plus difficiles encore à détecter. Il y a 2 547 fuites connues…

. Hors PPI, prochaine action : intensifier la détection de la réparation de fuite. 10 000 réparations par an sur quatre ans. Coût : 15 millions par an sur quatre ans.

. Renouveler les compteurs (50% seulement fonctionnent). 30 à 40 000 compteurs peuvent être remplacés chaque année. Coût : 5 millions par an sur quatre ans.

. Remplacer les branchements qui sont anciens. 15 millions d’euros pour 10 000 branchements plus réparation des fuites.

. Régulation de pression : installation de stabilisateurs. Coût : 4,5 millions d’euros en une fois.

. Réparation des fuites après compteurs : ces fuites sont dans le domaine privé. Pour les besoins dans le besoin, il faudrait mobiliser un budget dédié : 5 millions par an (2 500 abonnés).

. Remplacement des compteurs groupés dans certains quartiers : un compteur pour plusieurs maisons. Estimation : 5 millions par an.

. Belle-Eau Cadeau en surproduction : il faudrait coupler un autre Feeder à celui de Belle-Eau Cadeau : 5 millions d’euros. Idem Belin et Desvarieux. Estimation : 6,5 millions d’euros.

. Fiabiliser la communication des usagers par le SMGEAG.

« C’est le plan d’action rapide : 213 millions d’euros sur 5 ans. 54 millions puis 51,5 millions, 46 millions la troisième année. 41 millions la quatrième année. 21 millions la cinquième année », détaille M. Fidelin.

Comment évaluer dans le temps ?

. A 6 mois, diminution des coupures longues et amélioration dans les zones critiques. Tours d’eau un jour sur deux.
. A 1 an, maîtrise des tours d’eau : un jour sur trois.
. A 3 ans, fin du PPI accéléré, effet visible : 15% de la population impactée par les tours deau (au lieu de 40% actuellement)
. A 5 ans, fin des tours d’eau, l’eau revenue dans les robinets, recettes fiables…

Henri Yacou : « C’est bien, mais il faut un tableau de bord pour savoir si les actions ont porté ou pas. »

Un technicien explique comment va fonctionner le tableau de gestion en temps réel, outil qui permettra de gérer les fuites et autres incidents. « Cet outil sera déployé dès juillet », dit-il.

LES COMMUNES AUSSI
Si les actions de l’Etat, de la Région, du Département sont toujours mises en avant sur le dossier de l’eau, André Atallah, maire de Basse-Terre, a tenu, dans son intervention, à dire que les communes aussi agissent.
« Je veux ici saluer l’investissement et l’engagement des collectivités maieures et celui de l’État dans ce dossier, mais également l’engagement des communes, toutes, sans exclusive, mobilisées pour améliorer le quotidien de leurs citoyens régulièrement privés d’eau.
Je pense qu’il serait nécessaire de chiffrer la contribution globale des communes. Cela nous aurait permis de rendre compte du coût, de la pertinence et de la diversité de nos initiatives pour répondre aux besoins de nos populations en apportant des réponses pratiques aux familles et des solutions pertinentes dans les quartiers.
Oui, les maires prennent leurs responsabilités dans le domaine des aménagements techniques, de la solidarité et de la continuité scolaire.
J’aime illustrer mon propos en citant l’exemple de l’école chevalier Saint-Georges à Basse Terre qui battait le record de journées de fermeture à cause du manque d’eau.
Face à cette situation, dans cette école mais aussi dans toutes les écoles de la ville de Basse-Terre, des citernes tampons d’eau potable ont été installées.
Le cout en investissement hors maintenance est certes conséquent : 126 400 € tout compris (installation, sécurisation, abris) pour les 8 sites (écoles et crèche). Mais, il participe à la réussite éducative de nos enfants, une de nos priorités.
L’installation de citernes tampons, a eu un impact immédiat sur le climat relationnel dans l’établissement et sur la continuité scolaire.
En effet, contrairement aux années précédentes, depuis 2024 Basse-Terre n’a pas connu une seule journée de fermeture d’école pour interruption de la distribution d’eau potable. Le dispositif s’est avéré particulièrement efficace.
L’entretien de ces dispositifs tampon est assuré par des agents communaux habilités avant suivi une formation adaptée, en partenariat avec un prestataire agréé lié avec la ville par un contrat d’entretien et de contrôles sanitaires réguliers, hebdomadaires permettant de s’assurer de la qualité de l’eau distribuée. Là aussi cet entretien et cette maintenance ont un cout : 30 000 € par an.
Cet exemple, illustre à quel point les réponses communales sont auiourd’hui réactives, pertinentes et solidaires… Solidaires en particulier lors des distributions de bouteilles lorsqu’il s’agit de pallier un manque d’eau dans un quartier et de venir en aide aux plus vulnérables : personnes âgées, familles précarisées…
Alors certes, pour régler le problème de l’eau il faudra des moyens considérables car le chantier est immense.
Les expertises et les diagnostics sont faits. Nous savons tous ce qui doit désormais être effectué et connaissons les projections en termes de contraintes, de coûts et de délais.
C’est effectivement l’affaire de l’État et des collectivités majeures.
Mais, dans l’immédiat et jusqu’à la résolution totale du vaste chantier qui nous attend, les maires continueront dans la proximité de nos concitoyens à pallier les difficultés de leur quotidien sans eau.
Je veux rappeler ici que ce n’est pas un acte politique mais un acte de santé publique.
En tous cas quel qu’en soit le coût, je continuerai d’agir dans la proximité des Basse-Terriens.
J’agirai ainsi parce que l’eau est un droit et laisser nos compatriotes sans accès à l’eau potable est une atteinte à leur droit fondamental. »

André Atallah, maire de Basse-Terre :

Guy Losbar explique qu’il y aura quatre résolutions présentées : une par le Département, une par la Région, une par les parlementaires, une par les EPCI.

Jean-Philippe Courtois, premier vice-président, présente la résolution du Département : plan d’urgence quadriennal pour continuité du service. Résorption de 10 000 fuites par an, mise à niveau des infrastructures. Plan d’urgence avec interventions prioritaires. Programmation territorialisée des investissements. Renforcement des moyens de mise en service des solutions alternatives, dont des citernes. Programme de réalisation de nouveaux forages sécurisés. Déployer des citernes dans touts les établissements scolaires de l’archipel. Mise en place d’un comité de suivi de l’état d’avancement de sopérations, crédits engagés, etc. Mandatement du président du Congrès pour transmettre aux autorités de l’Etat (ministres) plus autorités locales.

Le préfet Thierry Devimeux souhaite intervenir : « Je vais vous laisser délibérer entre élus. Ce plan d’action est pertinent, permet de lutter contre les fuites. C’est la suite du plan d’urgence en cours. Il faut le développer sur toute la Guadeloupe. Mais, ce n’est qu’un des trois piliers du plan d’action à mettre en œuvre. Lutter contre les fuites, éliminer les tours d’eau, retrouver la confiance de la population. Faire des investissements lourds. Renouveler les réseaux d’assainissement, assurer la défense contre l’incendie. Avec ces investissements là, on dépasse le milliard d’euros. »

Pour lui, il faut aller chercher plus d’argent, plus que 40 millions par an. « Pour régler cela sur 15 ou 20 ans, il faudrait 150-200 millions par an. »

Troisième pilier, le syndicat : « Il faut qu’il continue à se structurer, qu’il arrive à baisser encore ses charges en transférant aux collectivités une partie des personnels et continue de travailler à augmenter ses recettes. Pour augmenter ces recettes, il faut que les Guadeloupéens retrouvent la confiance. »

Thierry Devimeux explique qu’il faut, « chaque année, boucher les trous du déficit. L’Etat, cette année, mettra la moitié du déficit si les partenaires locaux viennent compléter le déficit, pour éviter que le syndicat s’enfonce petit à petit dans un trou noir. »

Il faut un pacte financier pour que le déficit dans les cinq années qui viennent soit pris en compte, dit-il.

« J’ai confiance en l’intelligence collective qui fera qu’on trouve une réponse sur ces trois piliers. »

Les élus veulent modifier à la marge certains articles de la première résolution.

Résolution votée à l’unanimité.

Deuxième résolution présentée par Jocelyn Sapotille, président de l’Association des Maires.

Elle reprend plus ou moins les termes de la première.

Cette résolution est discutée âprement par une dizaine d’élus. Toujours à la marge, en fait.

Un point est débattu avec force : les clés de la répartition entre l’Etat, la Région, le Département et les EPCI de la résorption du déficit estimé à 30 millions en début d’année. Les 8 millions d’euros à se répartir entre les EPCI semble difficile à mettre en œuvre. Sauf clause de revoyure pour discuter en détails des clés de répartition.

Les élus délaient-ils le débat pour le plaisir d’intervenir devant les télévisions ? Surtout que certains, malhabiles, rappellent les raisons du Congrès des élus, expliquent qu’ils prennent leurs responsabilités, etc. Rien à voir avec le débat en cours à ce stade.

L’une d’eux est interpelée par le président Guy Losbar qui lui rappelle qu’on a déjà dit tout ça et qu’il faut aller sur la résolution 2 actuellement discutée.

Troisième résolution, présentée par la sénatrice Solanges Nadille.

Enfin, l’opération d’intérêt national (OIN) est présentée par l’élue, solution qui implique fortement l’Etat dans un processus de solidarité nationale.

Et aussi la création d’un dispositif dérogatoire de financement et de portage des investissements. Ce sont le gouvernement et le Parlement qui doivent légiférer sur ce sujet.

Là encore, des interventions d’élus pour se faire préciser quelques points. Le président Losbar est toujours véyatif, après huit heures de débats. Il réfute, acquiesce…

Elie Califer fait une longue déclaration pour rappeler l’importance de demander l’OIN, puisqu’on l’a fait à Marseille pour ce qui est des écoles primaires, l’Etat se substituant aux collectivités qui ne s’entendaient pas. Cette fois là il a mis au pot… 2 milliards.

Ce qu’il faudrait aussi pour la Guadeloupe…

Elie Califer propose de chasser en meute, élus de la nation, élus du Département, de la Région… pour avoir ces millions, ces milliards.

Quatrième résolution, lue par Corinne Pétro, conseillère régionale.

Tarification sociale de l’eau(situation générale), chèque eau (spécifique pour les plus démunis), dispositifs pour faciliter l’accès à l’eau. Des formations, des développements de compétences… des reconversions professionnelles, etc.

Cette résolution ne devrait pas poser de problèmes.

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