L’institut IT2 a lancé deux projets en phase expérimentale pour améliorer la production d’ananas en Guadeloupe.
Deux projets pour améliorer la production d’ananas ont été présentés mardi 21 juille lors d’une visite d’exploitation à Baie-Mahault. Ces deux projets s’intéressent à la production d’ananas, avec l’espoir de l’améliorer et de l’assainir.
Dans l’agriculture et précisément la production d’ananas un constat amer a été fait par les experts et les parties prenantes. La filière produit quasiment trois fois moins d’ananas qu’il y a quarante ans.
Les raisons de cette baisse sont multiples : il y a premièrement, les aléas climatiques, notamment le changement climatique qui touche particulièrement la production des ananas en rendant cette production de plus en plus difficile pour les agriculteurs. Il y a, par ailleurs, les maladies contractées par les ananas, qui baissent le rendement. En Guadeloupe, les exploitations utilisent les rejets (les ananas qui n’ont pas bien poussés) pour relancer l’exploitation. Malheureusement, les maladies se transmettent de récoltes en récoltes.
Etienne M’Boumba :
Pour améliorer la situation, la solution présentée par l’IT2 est de travailler sur des produits sains, exemptés de maladies. Le projet prévoit donc de vendre 600 000 plants sains aux agriculteurs de Guadeloupe afin qu’ils assainissent leur production d’ananas.
Le processus de remplacement des variétés touchées par des variétés saines se fait graduellement, et devrait prendre plusieurs années avant qu’une exploitation soit entièrement composée d’ananas sains. Avec cette solution, les experts estiment que les agriculteurs devraient pouvoir obtenir un rendement semblable à ceux d’il y a quarante années, soit 40 tonnes par hectare.

« Nous avons des premiers retours d’expérience de producteurs qui affirment que les ananas sains sont passés de 500 grammes à 1 200 grammes », affirme Etienne M’Boumba, ingénieur chargée de l’expérimentation et de la production au sein de l’IT2.
Le second projet concerne les intrants, produits utilisés pour permettre la croissance des ananas. « Nous avons le projet d’utiliser des plantes locales comme bio fertilisants. Suite à des réunions avec des agriculteurs, nous avons sélectionné des plantes locales qui sont déjà utilisées par les agriculteurs, qui ont leur confiance », explique Lisa Vanlerberghe, ingénieure en expérimentation. « Nous ne connaissons pas les quantités, donc nous sommes actuellement en train d’expérimenter ces quantités et dosages sur des parcelles test, avec deux plantes que nous avons gardées ».
Sur la parcelle, le gliricidia travaillé en ferment et la hampe de banane travaillée en lixiviat.
« Nous avons des doses d’application différentes pour ces deux produits. Pour le lixiviat nous sommes à 14% de concentration. Pour trouver ce dosage, nous nous sommes appuyés sur les retours d’agriculteurs qui l’utilisaient déjà et qui ont témoigné que ce dosage fonctionnait bien. Pour le gliricidia, nous appliquons 20 % et nous nous sommes appuyé sur la littérature pour trouver ce dosage ».
Les doses ont finalement été augmentées à 30 % pour le gliricidia et 28 % pour le lixiviat. Les premiers retours démontrent que les produits fonctionnent sur une parcelle test de 390 m2.
Tafari Tirolien

























