L’extension du conflit au Moyen-Orient à la mer Rouge propulse jeudi les cours du pétrole au seuil des 100 dollars le baril, ravivant les craintes d’un choc inflationniste et faisant chuter les marchés d’actions mondiaux.
L’extension du conflit au Moyen-Orient à la mer Rouge propulse jeudi les cours du pétrole au seuil des 100 dollars le baril, ravivant les craintes d’un choc inflationniste et faisant chuter les marchés d’actions mondiaux.
Le prix du pétrole Brent, la référence mondiale du brut, a franchi la barre symbolique des 100 dollars le baril pour la première fois depuis fin mai, « alors que les attaques des Houthis accentuent les risques pesant sur les routes d’approvisionnement de la mer Rouge », souligne Soojin Kim, analyste pour MUFG.
Vers 14H00 GMT, le baril de Brent flambait de 5,96% à 99,68 dollars le baril quand son équivalent américain, le WTI, grimpait de 4,68% à 90,89 dollars le baril.
Les rebelles houthis du Yémen — qui avaient annoncé lundi un blocus des ports saoudiens — ont revendiqué « une opération militaire » contre « deux pétroliers saoudiens qui ont violé le blocus », ouvrant un deuxième front dans la guerre au Moyen-Orient en mer Rouge.
La circulation maritime via la mer Rouge est devenue particulièrement importante pour l’Arabie saoudite car depuis le début de la guerre le royaume a considérablement augmenté ses exportations d’or noir via le port de Yanbu, sur la côte ouest du pays, pour contourner le blocage iranien du détroit d’Ormuz.
« Les investisseurs étaient disposés à tolérer le choc subi dans le Golfe, en partant du principe que les routes maritimes pourraient être réorganisées et que les perturbations resteraient géographiquement limitées », explique Stephen Innes, gérant de SPI AM. La perturbation d’un deuxième point de passage stratégique « rend cette hypothèse plus difficile à défendre. »
Ces attaques interviennent « alors que l’Iran poursuit ses actions contre des navires dans le détroit d’Ormuz, tandis que les États-Unis ont mené un douzième jour consécutif de frappes contre l’Iran », poursuit Soojin Kim. « Les deux parties ont écarté la perspective de pourparlers de paix à court terme. »
La tech plonge et emporte les Bourses
Les marchés d’actions plongent de concert, emportés par le secteur tech après les résultats trimestriels d’Alphabet, le premier géant du secteur à publier.
A New York, dans les premiers échanges, l’indice Nasdaq — qui regroupe les valeurs technologiques — perdait 1,88%, l’indice élargi S&P 500 reculait de 1,01% et le Dow Jones lâchait 0,97%.
La maison mère de Google a enregistré au deuxième trimestre des résultats meilleurs qu’attendu, mais assortis d’un relèvement de la prévision d’investissements pour l’ensemble de l’exercice 2026.
« Les investisseurs ne sont plus disposés à applaudir chaque augmentation des dépenses sans en examiner attentivement le coût », affirme Stephen Innes.
Le titre Alphabet plongeait de 6,14% vers 14H00 GMT.
« Une nouvelle augmentation importante des dépenses consacrées à l’intelligence artificielle a relancé une question que les investisseurs ne peuvent plus éviter: combien de capitaux faudra-t-il encore consacrer au développement de l’IA avant que les rendements ne commencent à être à la hauteur des ambitions ? », s’interroge M. Innes.
« Alphabet ouvre ainsi la saison des résultats avec un message clair: l’intelligence artificielle commence à produire des revenus très visibles, mais elle n’a pas encore totalement convaincu qu’elle produira durablement les marges espérées », résume John Plassard de Cité Gestion.
En Europe, les places pâtissent en plus de la flambée du brut. Paris flanchait de 1,54%, Francfort cédait 1,22%, Londres perdait 0,55% et Milan dégringolait de 2,34% vers 14H00 GMT.
Des taux au plus haut
Cette nouvelle flambée des prix du pétrole avec un baril à 100 dollars nourrit les craintes d’un choc inflationniste, ce que reflètent les taux d’emprunt des États en Europe.
Les taux d’emprunt imposés à la France pour financer sa dette à échéance 10 ans ont brièvement dépassé le seuil de 4% jeudi, pour la première fois depuis juin 2009, avant de revenir à 3,99% vers 13H45 GMT.
Référence en Europe, le rendement du Bund allemand à dix ans a lui dépassé le seuil de 3,20% pour la première fois depuis 2011, avant de revenir à 3,19%.
La Banque centrale européenne (BCE) a laissé jeudi l’ensemble de ses taux d’intérêt inchangés, malgré la reprise des hostilités au Moyen-Orient et le rebond des prix de l’énergie.
La présidente de la BCE Christine Lagarde a jugé « alarmante » l’extension du conflit au Moyen-Orient à la mer Rouge. Elle a également averti « que les conséquences inflationnistes complètes du récent choc énergétique ne s’est pas encore pleinement matérialisé », alerte Daniela Hathorn, analyste pour Capital.com.

























