Haïti. Aide à la réinstallation : les camps de Bourdon se vident

Les 1 600 familles qui vivaient sur le site de l’Office de la protection du citoyen (OPC) ont reçu une aide à la réinstallation afin de se reloger ailleurs.

Sur le site de l’OPC, à Bourdon, le décor a changé depuis le départ des déplacés internes qui occupaient les locaux et leurs environs. Les abris de fortune faits de draps et de bâches en plastique, ainsi que les abris en tôle construits à même le trottoir, ont disparu du paysage.

Même constat pour les blocs sanitaires aménagés à proximité. Le va-et-vient habituel qui animait les lieux a disparu.

Inaccessible pour l’instant, le site de l’OPC n’a pas pu être visité par Le Nouvelliste. La barrière principale était fermée et la personne responsable des lieux était absente. Quant à l’autre entrée, un mur a été érigé devant la barrière afin d’empêcher d’éventuels squatteurs de revenir occuper les locaux.

Que deviennent les déplacés qui habitaient le site ?

Le samedi 4 juillet 2026, le gouvernement haïtien, à travers le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), a entrepris la distribution de chèques de 100 000 gourdes aux familles présentes sur le site. Ces chèques ont été distribués à la suite d’un recensement mené par l’Office national de la migration (ONM) auprès des ménages.

L’une des familles installées sur ce site depuis novembre 2024, contactée par Le Nouvelliste, a confié avoir pu se reloger grâce à cette aide.

« Nous avons reçu notre chèque et nous avons pu louer une maison à Christ-Roi », a indiqué l’un des membres de cette famille, qui vivait auparavant à Solino avant de s’installer sur le site de l’OPC.

La distribution de ces chèques n’a toutefois pas fait l’unanimité parmi les déplacés. Certains bénéficiaires se sont plaints du montant accordé, estimant qu’il était insuffisant pour couvrir les coûts de réinstallation et lancer une activité génératrice de revenus.

Par ailleurs, d’autres déplacés, ou des personnes s’étant identifiées comme telles, ont critiqué les modalités de distribution des chèques, provoquant de vives tensions. Pendant plusieurs jours, des mouvements de protestation ont été signalés sur la route de Bourdon.

Certains ont même dénoncé les membres du comité de gestion du camp qui, selon eux, auraient profité du recensement pour ajouter leurs proches sur la liste des bénéficiaires.

Le site de l’OPC n’est pas le seul où les déplacés ont bénéficié d’une aide à la réinstallation. Au camp installé dans les anciens locaux de l’École nationale de la République de Colombie, à Bourdon, des familles ont également commencé à recevoir cette allocation.

Selon le responsable du comité de gestion de ce camp, sur les 567 familles recensées par l’ONM, 483 ont déjà reçu leur chèque et ont quitté les lieux. Il dit espérer que les autres chèques seront distribués dans les prochains jours.

Interrogé sur les allégations de népotisme visant les membres du comité, ce responsable a expliqué au journal que ces accusations sont alimentées par des personnes qui ne vivent pas sur le site. Selon lui, lors du traitement des informations recueillies, l’ONM croise les données collectées avec celles dont dispose le comité de gestion afin de déterminer les personnes admissibles à cette aide.

Il a pointé du doigt des habitants des environs du camp qui auraient tenté de bénéficier de cette allocation et seraient à l’origine de ces accusations.

Sur le site de l’École nationale de la République de Colombie, plus d’une soixantaine de familles vivent encore sur les lieux. Ces personnes, qui attendent toujours de recevoir leur chèque avant de partir, disent espérer qu’elles ne seront pas oubliées et appellent le gouvernement à se pencher au plus vite sur leur sort.

Source : Le Nouvelliste

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