« Les conditions que nous avons constatées sur le terrain étaient tout simplement horribles (…) Ce n’est pas le bon moment pour renvoyer des personnes en Haïti…
On les renvoie dans une situation totalement chaotique », a confié vendredi au Miami Herald le représentant Ami Bera, démocrate de la Californie, membre d’une délégation de parlementaires qui a visité Haïti cette semaine dans un contexte de fin du TPS exposant 350 000 à la déportation en Haïti.
« Les conditions que nous avons constatées sur le terrain étaient tout simplement horribles (…) Ce n’est pas le bon moment pour renvoyer des personnes en Haïti…On les renvoie dans une situation totalement chaotique », a confié vendredi au Miami Herald le représentant Ami Bera, démocrate de la Californie, membre d’une délégation de parlementaires qui a visité Haïti cette semaine dans un contexte de fin du TPS exposant 350 000 à la déportation en Haïti. Le congressman a indiqué avoir interrogé spécifiquement le Premier ministre au sujet de Cap-Haïtien, après que le haut responsable du département d’État Michael Kozak eut affirmé lors d’une audition au Congrès que les personnes expulsées étaient renvoyées vers cette ville plutôt que vers Port-au-Prince, laissant entendre qu’elle pouvait absorber cet afflux.
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Des échanges avec des officiels Haïtiens
« Le Premier ministre m’a répondu : “Non, Cap-Haïtien ne peut accueillir davantage de personnes. Ce n’est pas une ville conçue pour plus d’un million d’habitants, et vous ne feriez qu’y créer une nouvelle crise” », a rapporté Bera.
La délégation s’est également entretenue avec le ministre de la Défense Mario Andrésol, ancien directeur général de la Police nationale d’Haïti pendant sept ans et aujourd’hui chargé de reconstruire les forces armées, ainsi qu’avec le directeur général a.i. de la Police nationale d’Haïti, André Jonas Vladimir Paraison.
Tous deux ont évoqué les immenses défis auxquels font face les forces de sécurité haïtiennes alors que les groupes armés étendent leur emprise sur de nouvelles régions du pays, peut-on lire dans cet article.
Pour Bera, cette situation, combinée aux capacités encore limitées de la nouvelle Force de suppression des gangs, rend la fin du TPS particulièrement préoccupante. Avec ses collègues, il a également rencontré les dirigeants de cette nouvelle unité.
« On veut rester optimiste », a déclaré Bera à propos de cette force, « mais elle est encore en phase de montée en puissance et n’a pas atteint sa pleine capacité. Cela prendra du temps. »
Bera reconnaît que l’administration pourrait ne pas tenir compte de son appel concernant le TPS. Lundi, le département de la Sécurité intérieure (DHS) a publié un avis annonçant la fin des protections du TPS, alors même que la juge fédérale dont l’injonction avait été annulée par la Cour suprême des États-Unis n’a pas encore officiellement levé la suspension qu’elle avait prononcée.
Malgré cela, le représentant démocrate affirme qu’il entend toujours contacter le secrétaire d’État Marco Rubio ainsi que le secrétaire du DHS, Markwayne Mullin.
« Je comprends qu’une mesure temporaire est, par définition, temporaire, mais cette décision trahit nos valeurs », a déclaré Bera. « Ce n’est pas ce que nous sommes. Nous ne devrions pas renvoyer ces personnes dans une situation chaotique où elles risquent d’être tuées, enlevées et où elles n’auront nulle part où vivre. »
Il compte également convaincre ses collègues du Sénat de soutenir un projet de loi qui prolongerait le TPS des Haïtiens de trois années supplémentaires. Ce texte a déjà été adopté à la Chambre des représentants avec l’appui de certains élus républicains.
« Il faut laisser à la Force de suppression des gangs le temps d’atteindre son effectif de plus de 5 000 membres. Il faut continuer à former la Police nationale d’Haïti et les forces armées haïtiennes », a conclu Bera. « Adoptons cette loi, prolongeons le TPS jusqu’en 2029 et donnons au pays trois années supplémentaires », a-t-il dit. Bera faisait partie d’une délégation composée de deux représentants démocrates et de deux représentants républicains ayant effectué le déplacement à Port-au-Prince. La mission était dirigée par le républicain de Floride Brian Mast, président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre. La républicaine floridienne Kat Cammack et le démocrate de l’Illinois Jonathan Jackson participaient également au voyage, accompagnés de collaborateurs parlementaires.
Source : Le Nouvelliste
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