« Face aux retards de paiement ainsi qu’aux lourdeurs administratives et informatiques du système national qui pèsent fortement sur la trésorerie des jeunes agriculteurs », allègue-t-il, le président de Région Ary Chalus a adressé un courrier au ministère de l’Agriculture et à la direction nationale de l’Agence de services et de paiement (ASP), pour débloquer les versements. De leur côté, pas dupes, les Jeunes agriculteurs vont tenir, cet après-midi, une conférence de presse pour dire leur agacement…
Que dit-on à la Région ?
« Face aux retards de paiement ainsi qu’aux lourdeurs administratives et informatiques du système national qui pèsent sur la trésorerie des jeunes agriculteurs (plus de 360 points de contrôle imposés), le président de Région Ary Chalus refuse de laisser les jeunes agriculteurs dans l’impasse. L’exécutif régional a adressé un courrier au ministère de l’Agriculture et à la direction nationale de l’Agence de services et de paiement (ASP),
pour débloquer les versements.
L’objectif est clair : obtenir des arbitrages immédiats pour simplifier les procédures et accélérer les validations et les paiements.
Alors que le renouvellement des générations est une priorité absolue pour l’agriculture guadeloupéenne, la lenteur des chaînes de paiement met en difficulté de jeunes exploitants en attente de leur Dotation Jeunes Agriculteurs (DJA) ou de leurs aides à l’investissement.
Si la Collectivité régionale en tant qu’autorité de gestion, assure l’instruction et la programmation des dossiers en Guadeloupe, le versement effectif de l’argent sur les comptes bancaires dépend exclusivement de l’ASP, l’organisme payeur de l’État.
Malgré ces contraintes techniques, les services de la Région restent mobilisés pour faire avancer chaque dossier.
Le guichet de demande de paiement pour les investissements dans les exploitations agricoles est ouvert depuis le 10 juillet sur la plateforme EUROPAC, et devrait permettre d’engager des paiements significatifs dans les prochains mois.
La Région Guadeloupe invite l’ensemble des jeunes agriculteurs conventionnés à déposer sans attendre leurs demandes de paiement complètes.
Le dépôt des demandes de paiement pour les autres interventions se poursuivra de façon échelonnée dans les prochaines semaines, notamment pour les dispositifs dédiés au conseil aux jeunes agriculteurs et spécialisé, ou encore ceux dédiés aux investissements des entreprises non agricoles.
Parallèlement, la Collectivité régionale poursuit sans relâche l’accompagnement des porteurs de projets, notamment face au nombre important de dossiers incomplets.
29 Dotations Jeunes Agriculteurs (DJA) ont déjà été programmées. 1,6 million d’euros a pu être effectivement versé à 24 jeunes agriculteurs. »
Que répliquent les Jeunes Agriculteurs ?
« Nous, membres du Syndicat des Jeunes Agriculteurs de Guadeloupe, adressons cette lettre ouverte à l’ensemble de la population guadeloupéenne, aux autorités régionales, départementales, préfectorales, à la DAAF, à la Chambre d’Agriculture, et à l’intégralité du tissu agricole de Guadeloupe.
Nous souhaitons attirer votre attention sur les graves difficultés que nous rencontrons pour mobiliser les fonds européens actuellement gérés par la Région Guadeloupe. Les structures qui accompagnent les porteurs de projets ne disposent d’aucune visibilité via la plateforme Europac sur l’état de leurs dossiers.
Les délais de traitement sont aujourd’hui inacceptables : certains dossiers, déposés depuis juin 2024, ne sont toujours pas instruits ni conventionnés aujourd’hui en 2026. Ce retard est inadmissible.
Nous souhaitons également attirer l’attention sur une situation grave, celle d’un jeune (parmi d’autres) ayant déposé une demande d’aide à l’installation agricole au titre de la programmation 2014-2022 et qui, en 2026, n’a toujours pas perçu les financements sollicités, compromettant ainsi la réalisation de son projet. N’a-t-il pas le bon filon ?
Nous demandons que l’ensemble des dossiers, au titre des 19 mesures du FEADER puisse être déposés sans difficultés logistiques liées à la plateforme de dépôt, soient traités dans les meilleurs délais et que les crédits correspondants soient effectivement mobilisés. Dès lors qu’un dossier est complet et conforme, il doit faire l’objet d’un conventionnement rapide.
Les demandes de paiement complètes doivent ensuite être instruites et réglées dans un délai maximal de six semaines, afin de préserver la trésorerie des bénéficiaires et de permettre la réalisation des investissements dans les délais prévus.
Nous insistons sur la nécessité de traiter simultanément les dispositifs 73.01 (Investissements) et 75.01 (Dotation Jeunes Agriculteurs), car ce découplage démolit le processus d’installations des jeunes agriculteurs. En outre, le nombre de dossiers conventionnés demeure insuffisant au regard des demandes déposées. Une accélération significative du conventionnement des porteurs de projets est donc indispensable.
Nous demandons également le respect du travail réalisé par les conseillers dans le cadre de l’accompagnement et du suivi des jeunes agriculteurs en cours d’installation. Il faut que les conseillers soient rémunérés dans les plus brefs délais. En effet, certains conseillers n’ont reçu aucun versement au titre de ces prestations depuis plus d’un an, alors même que les missions d’accompagnement ont été effectivement réalisées.
Ouvrir les demandes de paiement ne sert à rien si les jeunes ne sont pas conventionnés pour aller chercher les financements bancaires. Demander des pièces déjà fournies, c’est tourner en rond.
Combien de temps la Région souhaite-t-elle encore gagner en faisant cela ?
Nous demandons à la Région Guadeloupe, en tant qu’autorité de gestion des fonds européens, de prendre ses responsabilités et de nous assurer que, après deux, voire trois ans de dysfonctionnements de la plateforme EUROPAC, tout soit désormais pleinement disponible et opérationnel.
À chaque nouveau communiqué des jeunes agriculteurs, chaque nouvel article, chaque alerte publique, la Région Guadeloupe répond par communiqué ou sur les mêmes médias que “tout va bien”. Sommes-nous simplets ?
Ne nous sommes-nous pas assis à vos côtés chaque mois pendant 1 an pour essayer d’avancer ensemble ?
Les nerfs sont tendus et la coupe est pleine, alors il est temps d’arrêter de faire passer les agriculteurs pour des ignares. Tout jé sé jé, mè jouwé an fès a makak pa jé !
En synthèse, nous demandons :
• que les accompagnateurs disposent d’une visibilité complète sur les dossiers qu’ils portent via la plateforme Europac ; •
que les dispositifs 73.01 (investissements) et 75.01 (DJA) soient instruits simultanément ;
• que l’intégralité des 19 mesures du FEADER soit ouverte, accessible et instructible sur la plateforme ;
• que les dossiers complets soient instruits, conventionnés et payés dans des délais raisonnables.
• que le travail des accompagnateurs soit respecté et rémunéré dans des délais humains !
Si ces demandes ne sont pas respectées, nous appellerons, à partir du mois d’août (le courrier est du 28 juillet, NDLR), à une mobilisation générale de la population guadeloupéenne pour défendre l’avenir de notre agriculture, l’avenir des hommes et des femmes qui luttent au quotidien pour nourrir le peuple et défendre nos droits. »























