Seconde journée d’action pour les Jeunes Agriculteurs mais aussi les autres partenaires du monde agricole devant l’Espace régional, au Raizet, demain matin. Cette manifestation sera pacifique, ont averti les syndicalistes.
Que veulent-ils ? Manifester leur mécontentement — leur colère retenue ? — devant l’inertie présumée des services régionaux dans le traitement des dossiers du FEADER.
De quoi s’agit-il ? De dossiers d’aides européennes à l’installation et au développement des entreprises agricoles. Ces dossiers sont déposés à la Région, autorité de gestion régionale des fonds européens, sur une plateforme de traitement qui reçoit les lettres de motivation, les devis et les éléments comptables des entreprises qui demandent une aide. Elles doivent être en règle de leurs obligations sociales et fiscales, avoir un projet, présenter les devis pour l’achat des matériels.
Certains agriculteurs ont déposé des dossiers il y a deux, trois ans, d’autres depuis. Ces dossiers n’ont pas été traités. La faute, dit-on à la Région, aux agriculteurs qui déposent des dossiers incomplets, la faute aussi à la plateforme qui ne serait pas opérationnelle…
Quand les dossiers sont là depuis deux ou trois ans, les devis, entre autres, ne sont plus valables, d’autant que les prix des matériels explosent depuis deux ans… Donc, il faudrait refaire les dossiers, réunir la paperasse… faire le dépôt sur la plateforme qui, dit-on, n’est pas très intuitive ni conviviale… Temps perdu, prise de tête.
Les Jeunes Agriculteurs de Guadeloupoe, syndicat agricole, est sensible à ce problème puisque les mandants sont des jeunes volontaires, agriculteurs formés, qui veulent s’installer au pays, n’ont pas beaucoup de moyens et comptent sur cette aide européenne.
Sans cette aide, ils ne pourront pas concrétiser leurs projets. Certains abandonnent, reprennent une activité salariée non agricole dans un moment où les élus clament à tout-va qu’il faut que la Guadeloupe puisse envisager sa souveraineté alimentaire. Double langage ?
On pourrait le penser puisque, malgré des rencontres mensuelles depuis janvier 2026 entre les services de la Région et les syndicats agricoles, rien ne bouge. Ou pas grand-chose.
« C’est complexe », dit-on à la DAAF Guadeloupe, qui réfute l’idée que les élus soient insensibles à la situation. Vu de l’extérieur, on pourrait en douter.
Poussée dans ses retranchements, la Région, par le biais de son président, Ary Chalus, qui a saisi le dossier, les services officiels : le ministère de l’Agriculture, autorité de gestion nationale, et l’Agence de Services et de Paiements ont été actionnés pour demander que des dérogations soient possibles afin de soutenir les jeunes agriculteurs.
Une rencontre, la semaine dernière, après une première manifestation devant l’Espace régional du Raizet, a permis à des envoyés d’Ary Chalus — Jean-Marie Hubert, premier vice-président et Patrick Dollin, président de la Commission Verte (agriculture) — de rappeler que la Région va débloquer des fonds d’urgence… et qu’un point sera fait en septembre avec le ministère de l’Agriculture et l’ASP.
Apparemment, cela n’a pas suffi à rassurer les agriculteurs…
























