Depuis 1993, Haïti a accueilli une douzaine de missions et d’opérations de maintien de la paix et de renforcement de sa police nationale. Depuis lors, les crises persistent.
La Force de répression des gangs (GSF) en Haïti devrait entrer en fonction en juin prochain, marquant une nouvelle étape de l’aide internationale au pays le plus pauvre des Amériques.
Selon les estimations, sur les 5 550 personnes qui composeront la mission, environ 2 000 agents pourraient être déployés sur le terrain d’ici juillet.
Depuis 1993, Haïti a accueilli une douzaine de missions et d’opérations de maintien de la paix et de renforcement de sa police nationale. Depuis lors, les crises persistent.
Seize millions de personnes sont confrontées à une crise humanitaire et 1,45 million ont été déplacées à l’intérieur du pays en raison de l’emprise généralisée des gangs armés, selon le Rapport 2025 des Nations Unies sur Haïti. Cette nouvelle force compte déjà 750 hommes en Haïti, et selon des estimations de personnes connaissant bien la situation, toutes les troupes pourraient être opérationnelles d’ici la fin de l’année.
La mission précédente, la Force multinationale d’appui à la sécurité (MSS) dirigée par le Kenya, prévoyait de déployer 2 500 hommes, mais des problèmes de financement l’en ont empêchée.
Cette nouvelle force militaire présente une particularité : elle ne fait pas partie des Nations Unies, mais constitue une coalition autonome qui soutient la sécurité aux côtés de la Police nationale haïtienne.
Fin 2025, les Nations Unies estimaient que 90 % de la capitale haïtienne était sous le contrôle de groupes armés.
Ce nouvel effort repose sur deux mécanismes de financement : un fonds fiduciaire d’environ 232 millions de dollars, alimenté par des contributions volontaires de divers pays (dont 180 millions sont déjà disponibles) ; et un budget de 400 millions de dollars provenant directement des fonds des Nations Unies.
La première source de financement servira à payer les salaires des troupes et du personnel déployé. La seconde est destinée aux projets du Bureau d’appui des Nations Unies en Haïti (UNSOH), notamment la relocalisation, l’hébergement et la mobilisation des équipes de la mission. Cette source de financement est conditionnée à l’approbation du budget, ce que les employés connaissant bien du dossier considèrent comme une évidence.
La République dominicaine a promis 20 millions de dollars pour financer la force anti-gangs, a annoncé le ministère dominicain des Affaires étrangères début mai. Un premier versement de 10 millions de dollars a déjà été effectué, et un montant similaire est attendu en 2027. La force militaire sera composée de 1 500 soldats tchadiens, qui fourniront deux bataillons de 750 hommes chacun.
Les soldats ayant participé à la précédente mission, notamment ceux du Salvador, poursuivront leur mission en Haïti. Les troupes kényanes ont déjà quitté le pays et ne participeront pas à cette nouvelle opération de maintien de la paix.
La crise haïtienne
La situation sécuritaire en Haïti s’est encore dégradée après le départ de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) en 2017. La crise s’est aggravée avec l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021. Le pays n’a pas organisé d’élections depuis 2016. Des élections sont prévues en août prochain, sous réserve de l’évolution de la situation sécuritaire.
Source : Listin Diario
























