Finance. « Maitriser les dépenses pour infléchir la dette publique »

Les conclusions de la mission sur les finances publiques à l’horizon 2030 ont été publiées.

En mai, Roland Lescure, ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, et David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, ont confié une mission à quatre économistes indépendants. Il s’agissait d’évaluer les perspectives d’évolution des finances publiques jusqu’en 2030 et d’établir des scénarios de rééquilibrage des comptes publics dès 2027.

Les conclusions de la mission, publiées, mercredi 15 juillet, visent à éclairer le débat public, notamment dans le cadre de la prochaine élection présidentielle, et alimenter les réflexions autour de la préparation du projet de loi de finances pour 2027.

Les travaux conduits par Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier et Natacha Valla avec l’appui de Fabien Bouvet, inspecteur des finances, ont donné lieu à un rapport sur la situation tendancielle des finances publiques à l’horizon 2030 remis aux ministres Roland Lescure et David Amiel.

Stabiliser le poids de la dette avant la fin du prochain quinquennat

Ce rapport met en évidence sept principaux enseignements :

1) À politique inchangée, si aucune mesure n’est prise, le déficit public se dégraderait rapidement sous l’effet de la progression spontanée des dépenses rendant inévitable une hausse continue de la dette publique.

  • Le déficit public atteindrait 5,9 % du PIB en 2027, puis près de 7 % du PIB en 2030.
  • La dette publique passerait de 118 % du PIB en 2026 à plus de 130 % du PIB en 2030, soit une hausse de plus de 10 points.
  • La charge de la dette augmenterait d’environ 10 milliards d’euros par an entre 2027 et 2030.

2) Les économistes préconisent de stabiliser le poids de la dette publique au plus tard avant la fin du prochain quinquennat.

3) Pour y arriver, tous les leviers budgétaires devront être mobilisés : la maîtrise des dépenses publiques, une mobilisation des recettes malgré des marges limitées et le renforcement du potentiel de croissance.

4) La priorité devrait être donnée à la maîtrise des dépenses. Les marges pour augmenter les prélèvements obligatoires étant limitées, l’effort devrait porter en priorité sur l’efficience de la dépense publique, notamment les dépenses sociales.

5) Les efforts engagés depuis 2025 devront être poursuivis en 2027. « Il est essentiel d’infléchir au plus vite la dynamique de la dette publique afin de ramener le déficit public sous le seuil de 3% du PIB », indiquent les économistes.

6) Des choix politiques structurels indispensables. La mission préconise des réformes ciblées plutôt que des réductions budgétaires uniformes et une remise en question des mécanismes d’indexation automatique.

7) La mission recommande enfin de prévoir une publication systématique d’une trajectoire de moyen terme « à politique inchangée » dans le rapport économique, social et financier (RESF).

Pour aller plus loin

David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics.

« Arrêter la machine infernale de la dette publique exige une lucidité collective, soutient David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics. Cette mission indépendante, inédite, dresse un état des lieux objectif de ce qui nous attend si rien n’est fait. À la veille d’échéances cruciales, son constat doit servir de base au débat public, pour rétablir nos finances publiques et donner à notre pays toutes les capacités d’investir dans l’avenir. »

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