Le directeur général de l’Agence régionale de santé de Guadeloupe et Îles du nord, Philippe Luccioni-Michaux, a présenté, avec ses équipes dédiées, les tendances de la qualité des eaux de consommation courante et des eaux de baignade en mer et en rivière en 2025. Celles-ci sont bonnes sur le territoire.
Mais, avant tout, Philippe Luccioni-Michaud a présenté les missions de l’ARS pour ce qui est de la qualité de l’eau : avec l’appui d’un laboratoire agréé qui dispose d’une antenne locale, l’ARS déploie un programme de prélèvements et d’analyses des eaux.
Ceci comprend la surveillance et l’analyse des eaux de consommation (alimentaire) et des eaux de baignade, en mer et en rivière.
2 000 contrôles annuels sont effectués sur l’eau alimentaire. Sur les installations les plus exposées à la pollution (au chlordécone notamment), la fréquence des contrôles sanitaires est jusqu’à 6 fois plus élevée que celle prévue par la réglementation.
Ces analyses régulières permettent de vérifier que les eaux distribuées respectent les seuils réglementaires de potabilité. En cas de non-conformité sur le paramètre chlordécone, l’exploitant met en œuvre des actions pour le retour d’une eau de qualité et des mesures de protection de la population sont prises : information des usagers, interdiction de consommation de l’eau, distribution d’eau en bouteille, etc.
De même, l’Agence régionale de santé effectue tout au long de l’année le contrôle sanitaire de 128 sites de baignade. Des prélèvements sont réalisés et leur analyse est effectuée par des laboratoires agréés par le ministère chargé de la Santé.
Publié avec l’autorisation de l’ARS de Guadeloupe et Îles du nord.
Meylanie Balourd, responsable du Service Santé Environnement Extérieur, a présenté les chiffres de l’eau destinée à la consommation humaine. Une première voulue par le nouveau directeur général.
Ces données concernent l’eau du robinet mais aussi l’eau vendue en bouteilles. A la demande de l’ARS, un laboratoire agréé recherche dans des échantillons régulièrement prélevés la chlordécone, les pesticides, l’aluminium et la turbidité de l’eau.

Source : ARS
Curieusement, alors qu’on fustige dans le grand public la mauvaise qualité de l’eau alimentaire, notamment celle du robinet, le taux de conformité est de 97% : 100% pour le chlordécone, 97,4% pour les autres pesticides, 84,3% pour l’aluminium, 95,5% quand à la turbidité.
Philippe Luccioni-Michaux :
L’ARS a mis en garde sur l’utilisation de cuves — dispositifs de stockage tampon d’eau potable — pour stocker de l’eau : un surdimentionnement de celles-ci peut-être vecteur de la multiplication des microbes. De même, certaines eaux impures, comme l’eau de pluie, doivent être réservées pour certains usages qui ne sont pas alimentaires.
La qualité des eaux de baignade en mer est bonne
Selon les données présentées par l’ARS, la qualité des eaux de baignade en mer est bonne. Il n’en est pas de même pour les eaux de baignade en rivière.
128 sites — 111 sites en mer, 17 sites en rivière — sur 24 communes et les collectivités de Saint-Martin et Saint-Barthélemy sont surveillés.
Meylanie Balourd :
Des contrôles sanitaires réguliers sont effectués, des profils de baignade sont mis à jour par l’ARS. Les contrôles sont visuels — présence de mousses, de matières flottantes, de sargasses, conditions météo — et aussi biologiques par prélèvement transmis à un laboratoire agréé qui recherche des indicateurs de contamination fécale : Escherichia coli et entérocoques intestinaux, des micro-organismes pathogènes, qui peuvent avoir un impact sur la santé des baigneurs : irritations de la peau, problèmes ORL, gastro-entérites…
Dès lors que les observations et prélèvements sont mauvais l’interdiction temporaire de baignade est demandé au maire du lieu.
Les eaux de baignade en rivière sont conformes à hauteur de 64,7%, 29,4% sont excellentes, 11% insuffisantes, 4 sites sont interdits de baignade depuis plus de cinq années : Petit-Pérou Capesterre Belle-Eau, Fond Deshaies, Dolé Gourbeyre, Diane Petit-Bourg.
Pour ce qui est des eaux de mer, 91,9% des eaux sont conformes, 72,1% sont excellentes.
Cependant, cinq sites sont interdits à la baignade depuis plus de cinq années : Anse à Sable Bouillante, Petite Anse Bouillante, Viard Petit-Bourg, Les Basses Grand-Bourg de Marie-Galante, Fond du Curé Terre-de-Haut (fermé de manière permanente depuis el début de l’année).
Dégradation de la qualité des eaux de baignade
Même si la qualité globale des eaux de baignade reste satisfaisante, certains sites présentent des dégradations récurrentes ou durables.
Ces situations s’expliquent généralement par plusieurs facteurs environnementaux et techniques : les épisodes de fortes pluies, le ruissellement, les apports des bassins versants, les défauts d’assainissement, les rejets ponctuels ou encore la présence d’animaux à proximité des zones de baignade.
Les rivières sont particulièrement sensibles à ces phénomènes. Leur qualité peut évoluer très rapidement après un épisode pluvieux, car elles reçoivent directement les eaux de ruissellement de l’ensemble du bassin versant.
Pour les eaux de mer, la situation est globalement plus stable, mais certains sites restent vulnérables lorsqu’ils sont situés à proximité de rejets, de zones urbanisées, de mouillages ou de secteurs soumis à des dysfonctionnements d’assainissement.
Source ARS
Outil important pour les collectivités qui doivent estimer et surveiller les sites de baignade sur leur territoire : le profil de baignade.
C’est l’un des principaux leviers permettant d’identifier les sources de pollution et de définir les actions correctives à mettre en œuvre.
Les actions engagées par l’ARS ces dernières années portent leurs fruits. En mai 2026, près d’un site sur deux (49 %) dispose désormais d’un profil de baignade à jour, contre seulement 25 % un an auparavant. Par ailleurs, 5 % des profils sont en cours d’élaboration, 17 % sont à réviser et 28 % restent encore à réaliser, ce qui témoigne des progrès accomplis mais aussi des efforts restant à poursuivre.

























