Guadeloupe. Sargasses : Anne-Gaëlle Baudouin, directrice générale des Outre-mer en visite à Petit-Bourg

Bordée par la mer et le territoire du Parc national, Petit-Bourg, la ville verte, suffoque sous l’effet des sargasses.

Directrice générale des Outre-mer depuis janvier 2026, Anne-Gaëlle Baudouin a consacré une séquence de sa visite en Guadeloupe, mercredi 26 août, à l’invasion des sargasses que subissent plusieurs communes de l’archipel. Pour découvrir les dispositifs mis en œuvre pour protéger les côtes des échouements et mieux apprécier, depuis la mer, et les zones de menace grave pour les vies humaines, liées au recul du trait de côte, à Petit-Bourg.

Philippe Duzac, 1er adjoint au maire de Petit-Bourg a accueilli Anne-Gaëlle Baudouin, directrice générale des Outre-mer, et Clément Rouchouse, secrétaire général de la préfecture de Guadeloupe et sous-préfet de Basse-Terre.

Sous l’impulsion du maire, David Nébor, la ville de Petit-Bourg est engagée dans une démarche proactive face à ce fléau qui impacte le territoire tant sur le plan environnemental, économique que sanitaire.

Les élus avec à leur tête, Philippe Duzac, 1er adjoint au maire de la ville, et techniciens de la ville ont exposé leurs initiatives, les difficultés persistantes, et leurs attentes, notamment une aide renforcée de l’Etat, à Anne-Gaëlle Baudouin, directrice générale des Outre-mer.

« Le littoral qui est un vecteur d’activité économique est à l’arrêt, les personnes installées en bord de mer sont confrontées aux émanations toxiques, mais aussi à des difficultés financières liées à la détérioration de leurs équipements, explique Philippe Duzac, 1er adjoint au maire de la ville de Petit-Bourg. En mairie, tous les 6 mois, nous devons changer les climatiseurs ! »

Face à une année d’échouements record, les élus attendent une aide renforcée de l’Etat

La ville, qui dispose d’une cellule dédiée à la problématique des sargasses, a, notamment avec l’aide de l’Etat, installé des barrages en mer pour limiter les échouements d’algues brunes sur le littoral. Un dispositif qui nécessite quelques ajustements.

« Nous attendons que la Directrice générale des Outre-mer nous dise ce qu’elle peut faire pour les communes, insiste Philippe Duzac. En mer, les sargasses sont du ressort de l’Etat. Une fois échouées, elles sont considérées comme des déchets à la charge des communes, ce qui représente un coût non négligeable : il faut que nous ayons les moyens financiers pour faire face à cette situation. »

Pour ne rien arranger, les communes impactées font face à des volumes exceptionnellement denses et fréquents de sargasses. « C’est une année record, confirme Frédéric Mandine, directeur de l’environnement, de la mer et du développement durable à Petit-Bourg. Cette année, nous en sommes déjà à plus de 2 000 m3 de sargasses collectées contre 1200 à 1500 m3 par an, précédemment. »

Une situation complexe

Depuis mars, le flux de sargasses poursuit son ballet vers les côtes, et la saison n’est pas terminée ! Mais, la ville ne baisse pas les bras face à ce phénomène qui impose ses règles, impacte le budget d’une dizaine de communes et des ménages, l’activité économique, la santé des populations…

Au terme de la saison cyclonique, la ville de Petit-Bourg s’engagera dans une nouvelle installation de barrage anti-sargasses, « un peu plus au large », précise Frédéric Mandine. Une initiative qui nécessite des études supplémentaires en amont, et un budget supplémentaire auquel s’ajoutera l’entretien du dispositif.

Une situation particulièrement complexe qui nécessite un effort collectif pour faire émerger des solutions techniques, administratives et financières durables.

Cécilia Larney

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