Trois cas d’infection au virus Oropouche ont été signalés à l’Agence Régionale de Santé de Guyane.
Un premier cas d’Oropouche a été détecté, il y a un peu plus d’un mois et deux autres, il y a quelques jours. Deux des patients sont rétablis, tandis que le troisième cas est toujours en investigation. L’Agence Régionale de Santé de Guyane sensibilise les médecins prescripteurs pour « surveiller l’émergence du virus. »
Le Dr Francky Mubenga, chef de pôle veille et sécurité sanitaire, a mis en garde contre « le syndrome du lampadaire : cette propension à ne regarder que ce qui est éclairé. » En matière d’arboviroses en Guyane, il se traduirait par le fait de ne rechercher que la dengue, le chikungunya et le Zika. Et, de passer à côté d’innombrables virus « méconnus ou inconnus et pour lesquels nous n’avons pas d’information sur leurs niveaux de circulation », a souligné Dominique Rousset, responsable du centre national de référence (CNR) des arbovirus à l’Institut Pasteur de Guyane.
La maladie à virus Oropouche (également connue sous le nom de fièvre Oropouche) est une maladie fébrile causée par le virus Oropouche, qui se transmet à l’être humain par des moucherons piqueurs infectés, et peut-être de certains moustiques ; les personnes atteintes se remettent généralement rapidement.
Les symptômes de la maladie à virus Oropouche sont similaires à ceux d’autres maladies, telles que la dengue et le chikungunya, et la cause de l’infection est souvent mal diagnostiquée.


Une surveillance accrue
La maladie peut provoquer de la fièvre, des maux de tête, des douleurs articulaires, des douleurs musculaires, des frissons, des nausées, des vomissements et des éruptions cutanées. La plupart des gens se rétablissent d’eux-mêmes, mais la maladie peut provoquer des symptômes graves chez certaines personnes atteintes.
Le cas d’Oropouche autochtone détecté en juin, en Guyane, est le premier depuis les 30 cas qui avaient touché Saül en 2020. Deux autres cas ont été signalés plus récemment. Il semble que deux des trois patients se soient infectés sur le littoral. Le troisième cas est en cours d’investigation.
Après ces signalements, l’ARS a réuni le CNR des arbovirus, Santé publique France, le service de démoustication de la Collectivité territoriale (CTG), le vectopôle amazonien et l’infirmière de veille sanitaire du CHU de Guyane – site de Cayenne, pour évaluer la situation, analyser les risques, discuter des actions à mettre en place et évoquer les travaux en cours de l’Agence nationale de sécurité sanitaire sur l’identification des vecteurs d’Oropouche.
« Cette série est la première depuis l’épidémie de 2020 à Saül, rappelle le Dr Mubenga. L’ARS reste vigilante sur la problématique de l’émergence et de la circulation d’arbovirus en dehors de la dengue, du Zika et du chikungunya. L’ARS souhaite renforcer le dispositif de surveillance d’arbovirus en Guyane, DisArbo973, dans une approche d’anticipation et de visibilité. »
Pour aller plus loin
Le dispositif DisArbo973 se met en place lorsque :
- Un patient présente un syndrome dengue-like (fièvre plus deux signes tels que céphalées, myalgies, asthénie, arthralgies, éruption cutanée, douleurs rétro-orbitaires, photophobie, nausées…)
- Un prélèvement a été réalisé entre J0 et J4 après le début des symptômes
- La PCR dengue, chikungunya ou Zika est négative.
Le laboratoire transmet alors le prélèvement au CNR des arbovirus pour essayer d’identifier un autre arbovirus.

























