En Guadeloupe où les maires étaient réunis, mercredi 15 juillet, et dans les Caraïbes orientales, l’arrivée persistante d’algues sargasses constitue un défi majeur pour les communautés côtières, les écosystèmes marins et les économies locales.
Les délégués de l’Organisation des Etats de la Caraïbe orientale (OECS) ont échangé sur les stratégies de gestion des sargasses à la suite de leur mission d’observation en Guadeloupe, à Marie-Galante et en Martinique. Les enseignements tirés d’une mission d’étude approfondie en Martinique et en Guadeloupe leur permettent désormais d’apporter « une réponse transformée et axée sur les solutions » dans l’ensemble des États membres de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO).
Avec le soutien du 11e programme FED RIGHT de l’Union européenne et du projet SARSEA, une délégation d’experts techniques et de décideurs politiques représentant neuf États membres de l’OECS a mené une mission stratégique (du 1er au 5 juin) afin d’étudier des modèles avancés de gestion et de valorisation. Par l’observation d’opérations dans les régions ultrapériphériques françaises des Antilles, cette initiative visait à articuler innovation technique et politique régionale, transformant ainsi une menace écologique commune en un pilier essentiel de l’économie bleue caribéenne.

Une urgence à agir
Susana Agüero, responsable de programme à la Délégation de l’Union européenne auprès de la Barbade, des États des Caraïbes orientales, de l’OECS et de la CARICOM/CARIFORUM, a mis en lumière l’importance de ce partenariat. « La Martinique est l’une des régions françaises qui s’attaquent aux mêmes problématiques affectant l’économie, la santé publique et le tourisme que l’ensemble des Caraïbes et des États membres de l’OECS, a-t-elle indiqué. Nous tirons des enseignements directs de leur expérience. Ils ont mis en place un réseau intégré s’appuyant sur de multiples approches : de la collecte manuelle aux barrières maritimes spécialisées et à la récolte en mer. De plus, les progrès en cours en matière de stockage et de transformation permettront bientôt de convertir le sargassum en produits commerciaux de valeur, tout en protégeant les secteurs vulnérables et la santé des populations. »



L’urgence à mettre en œuvre ces solutions éprouvées est manifeste dans toute la région, où la décomposition des algues le long des côtes, comme dans le village de pêcheurs de Soubise à Grenade, libère des gaz toxiques et perturbe la vie quotidienne.
Outre les dégâts côtiers immédiats, la décomposition des sargasses dégrade les mangroves et les récifs coralliens essentiels, accélère l’érosion côtière et affecte gravement les petits pêcheurs en endommageant leur matériel et en limitant leur accès aux zones de pêche. Des défis complexes qui exigent « une approche coordonnée et interinstitutionnelle. »
L’un des principaux objectifs de l’OECS est la valorisation, c’est-à-dire la transformation des sargasses brutes en ressources commercialement viables. Sur le site de Holdex au François, en Martinique, les participants ont pu observer des modèles fonctionnels de compostage et de production de bioénergie, démontrant comment la sargasse transformée peut accroître les rendements agricoles jusqu’à 14 % ou fournir un biogaz rentable pour répondre aux besoins énergétiques.

























