Tourisme. Les Etats de la Caraïbe orientale fixent un nouveau cap

La convergence de pressions croissantes : l’incertitude géopolitique, la volatilité climatique et le resserrement des financements mondiaux imposent un changement dans le fonctionnement de l’industrie touristique des Etats de la Caraïbe orientale.

L’honorable Marsha Henderson, présidente du Conseil des ministres du Tourisme de l’OECO.

Saint-Kitts-et-Nevis a accueilli la neuvième réunion du Conseil des ministres du Tourisme de l’OECO le 11 février 2026, au Marriott Resort, marquant un tournant décisif pour le secteur au sein de l’Organisation.

À l’échelle de l’Organisation des Etats de la Caraïbe orientale, le tourisme représente, directement et indirectement, environ 39 % du produit intérieur brut (PIB) de six États membres du Protocole. Cet impact a considérablement contribué à façonner l’emploi, les recettes en devises, le développement des infrastructures et les moyens de subsistance des communautés.

La nouvelle présidente du Conseil des ministres du Tourisme de l’OECO et ministre du Tourisme de Saint-Kitts-et-Nevis, l’honorable Marsha Henderson, appelle à des solutions collectives et partagées.

« Notre tâche collective est de dépasser les modèles hospitaliers traditionnels et cloisonnés pour nous diriger vers une industrie touristique régionale coordonnée et axée sur les données, une industrie intégrée par conception, résiliente par stratégie et capable de résister à la volatilité du marché mondial. »

« Le tourisme doit commencer chez soi ! »

Dr Didacus Jules, directeur général de l’OECO,a exhorté les dirigeants à affronter une réalité incontournable : « Le tourisme ne peut rester un secteur isolé, a-t-il indiqué. Il doit devenir un moteur de demande pour l’agriculture, les industries créatives et l’entrepreneuriat des jeunes, particulièrement en phase avec la stratégie FAST (Transformation des systèmes agroalimentaires) de l’OECO. Lorsque le tourisme s’approvisionne localement, il renforce la sécurité alimentaire. Lorsqu’il intègre les industries créatives, il différencie notre produit et approfondit notre valeur culturelle. Lorsqu’il crée des parcours crédibles pour les jeunes, il transforme le tourisme d’un emploi de dernier recours en un secteur d’innovation et d’aspiration. »

Ministre du Tourisme, de l’Économie créative et de la Culture de la Grenade et président sortant du Conseil, l’honorable sénateur Adrian Thomas, a rappelé à ses pairs que « le tourisme doit commencer chez soi » et être cultivé à partir de la base. Il a cité en exemple :

  • Sainte-Lucie qui stimule la circulation des revenus locaux via des sentiers communautaires ;
  • La Dominique qui innove dans le tourisme de nature géré par les communautés ;
  • la Grenade qui autonomise ses agriculteurs et artisans via des expériences rurales ;
  • Antigua-et-Barbuda qui renforce l’identité nationale par des initiatives de quartier.

« Lorsque le tourisme ne répond qu’à une demande externe, nos économies fluctuent au rythme des cycles de voyages internationaux, insiste l’honorable Adrian Thomas. Mais, lorsque le tourisme sert aussi les locaux, lorsque les citoyens sont participants et bénéficiaires, l’industrie gagne en stabilité. Concevoir le tourisme pour les habitants et les visiteurs prolonge l’activité au-delà des hautes saisons et garantit que le tourisme ne se fait pas autour de notre peuple, mais avec lui. »

Pour garantir l’avenir de la région

L’honorable Marsha Henderson consacre son mandat de présidente du Conseil des ministres de l’Organisation des Etats de la Caraïbe orientale, chargé du tourisme, à cinq domaines réalisables et à fort impact, destinés à garantir l’avenir économique de la région :

  • Diversification stratégique des marchés : mise en place d’un cadre commun à l’OECO pour s’engager sur des marchés alternatifs et émergents. En harmonisant les messages et les informations, la région vise à réduire sa dépendance excessive à l’égard des marchés sources traditionnels, vulnérables aux changements géopolitiques
  • Accès aérien et connectivité unifiés : faire progresser la coordination avec les compagnies aériennes et les transporteurs régionaux. L’objectif est de dépasser les négociations fragmentées afin d’améliorer l’accès, de réduire les risques et de renforcer la connectivité entre tous les États membres.
  • Mise en œuvre collective : passer de la simple approbation des politiques à l’exécution active du plan d’action pour le tourisme durable de l’OECO. L’accent sera mis sur le renforcement des capacités, le partage des données et l’harmonisation des normes régionales.
  • Tourisme de croisière fondé sur des preuves : renforcer la discipline et la transparence dans le secteur des croisières grâce à des évaluations indépendantes de l’impact économique régional. Cela permet aux États membres de prendre des décisions éclairées qui concilient les retombées économiques et les considérations environnementales et sociales.
  • Liens économiques et valeur communautaire : renforcer la demande touristique en l’intégrant à l’agriculture, aux industries créatives et à l’entrepreneuriat des jeunes. Ces initiatives évolutives sont essentielles pour réduire les fuites économiques et garantir que les citoyens locaux soient les principaux bénéficiaires de l’industrie.
Facebook
Twitter
LinkedIn
WhatsApp
Email

Actualité

Politique

Economie

CULTURE

LES BONS PLANS​

KARIB'Archives

Rechercher un article par mot clé dans nos archives à partir de 2020

DERNIERES INFOS

LE TOP KARIB'INFO