L’Armos Guadeloupe interpelle sur « le risque majeur » que fait peser sur le logement social, la baisse annoncée des crédits de la Ligne Budgétaire Unique pour 2026, passant de 24 M€ à 15 M€.

L’Association Régionale des Maîtres d’Ouvrages Sociaux de Guadeloupe (ARMOS) alerte sur une situation critique. Dans un contexte déjà marqué par une forte tension — avec 16 000 demandes en attente — la baisse annoncée des crédits de la Ligne Budgétaire Unique pour 2026 pourrait entraîner « une baisse significative de la production de logements et aggraver durablement les difficultés sociales et économiques du territoire. »
L’Association Régionale des Maîtres d’Ouvrages Sociaux de Guadeloupe (ARMOS) alerte solennellement les pouvoirs publics et l’opinion sur une situation devenue critique : la chute brutale des crédits de la Ligne Budgétaire Unique (LBU) pour 2026 met en péril immédiat l’équilibre du logement social en Guadeloupe.
« Selon les dernières informations communiquées par les services de l’État, l’enveloppe allouée à la Guadeloupe passerait de 24 M€ à 15 M€, soit une baisse de près de 38 % en quelques semaines, indique l’Armos. Une décision incompréhensible au regard de l’ampleur des besoins, et qui intervient dans un contexte de recul structurel des moyens depuis plusieurs années ; l’enveloppe est passée de 50 M€ en 2015 à 24 M€ en 2025. »
Cette diminution se traduirait par une chute de la production et de la réhabilitation de logements : près de 170 logements en moins sur les estimations 2026 initiales, alors que les besoins explosent.
Des conséquences immédiates
Aujourd’hui, la situation est déjà sous tension extrême, rappelle l’Armos :
- 16 000 ménages sont en attente d’un logement social
- uniquement 2 500 attributions ont été réalisées en 2025.
« La Guadeloupe apparaît aujourd’hui comme l’un des territoires ultramarins les moins bien dotés au regard de ses besoins, souligne l’Armos. Cette situation résulte d’une approche budgétaire qui ne tient pas compte des contraintes structurelles locales : insularité, surcoûts de construction, défaillances des réseaux, pression foncière et fragilité économique des ménages. »
À ces difficultés, s’ajoutent de nouveaux facteurs aggravants, notamment la hausse attendue du coût des matériaux liée aux mécanismes carbone (+10 à 20 %).
Les conséquences de cette décision sont déjà identifiées et pourraient s’amplifier rapidement :
- Blocage et abandon de projets de construction et de réhabilitation
- Allongement des listes d’attente et aggravation du mal-logement
- Fragilisation de la filière BTP et pertes d’emplois locales
- Ralentissement des opérations de renouvellement urbain
- Dégradation des conditions de vie dans les quartiers les plus fragiles.
Un signal d’alerte majeur
Dans un territoire marqué par une forte précarité, où une part importante des ménages vit sous les plafonds les plus modestes, cette situation fait peser un risque réel de tensions sociales accrues.
Face à cette situation, les acteurs du logement social tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme. La Fédération Régionale du Bâtiment et Travaux Publics de la Guadeloupe soutient la démarche de l’Armos et partage les préoccupations exprimées quant aux conséquences de cette baisse des crédits.
Pour l’Armos, la réduction des crédits constituerait « un signal d’alerte majeur. Sans correction immédiate, elle entraînera une baisse durable de la production de logements sociaux et une aggravation des inégalités territoriales. »
L’association appelle à une mobilisation immédiate des parlementaires et du gouvernement afin de :
- réévaluer sans délai l’enveloppe LBU pour 2026
- adapter les critères d’allocation aux réalités des territoires ultramarins
- garantir une visibilité et une stabilité des financements.
Pour aller plus loin
« Le logement en Guadeloupe est désormais un enjeu de cohésion sociale majeur, nécessitant un engagement fort et différencié de l’État. Sans réponse rapide, le territoire s’expose à une crise du logement durable, avec des conséquences économiques et sociales de plus en plus difficiles à contenir. »
L’Armos a alerté les députés et sénateurs de Guadeloupe ainsi qu’à l’association des maires de la Guadeloupe sur l’urgence de la situation et les appelle à se mobiliser.






















