George Tarer, 104 ans, a été inhumée aujourd’hui. Auparavant, une grande messe solennelle a réuni plusieurs centaines de personnes autour d’une famille éplorée.
C’est au rythme de la chanson La Mamma de Charles Aznavour que le cercueil contenant la dépouille de George Tarer a traversé la ville de Pointe-à-Pitre.







Devant le parvis de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul il y avait plusieurs centaines de personnes, famille, amis, connaissances, admirateurs d’une femme qui a marqué deux siècles.
George Tarer, figure majeure de l’engagement social, politique et associatif en Guadeloupe, a quitté ce monde à 104 ans. En juin elle aurait eu 105 ans.
Issue d’une génération de femmes pionnières, elle s’était très tôt inscrite dans une trajectoire marquée par le service aux autres, au plus près des réalités humaines et sociales du territoire.
Sage-femme de profession, puis surveillante générale au CHU, elle a consacré sa vie à l’accompagnement des familles et à la protection des plus vulnérables, comme elle le fit avec une efficace discrétion lors des événements tragiques de mai 1967.
Cofondatrice de l’Union des Femmes Guadeloupéennes, émanation du Parti Ciommuniste Guadeloupéen, qu’elle présida de 1976 à 1985, elle a porté avec détermination les combats en faveur des droits des femmes, de leur émancipation et de leur place dans une société guadeloupéenne plutôt machiste.
Engagée dans la vie publique au sein du Parti Communiste Guadeloupéen puis du Parti Progressiste Démocratique Guadeloupéen (PPDG) après 1989, elle fut également adjointe au maire de Pointe-à-Pitre Henri Bangou, avec lequel elle a contribué à des actions structurantes en matière sociale, notamment dans le développement des services de proximité, de la petite enfance et de l’accompagnement des publics fragiles.
Femme de conviction, elle était reconnue pour son engagement constant, sa rigueur et sa capacité à faire avancer des projets au service de l’intérêt général.
Son parcours a été distingué par les plus hautes reconnaissances de la République : chevalier de la Légion d’honneur en 1995, officier en 2005, puis commandeur en 2019.
Ce que la Guadeloupe retiendra de George Tarer c’est que, femme engagée, elle n’était pas sectaire. Elle écoutait avec son petit sourire entendu et poli tout un chacun, sans jamais interrompre son interlocuteur, se réservant, à la fin de l’échange, le mot de la fin, avec ironie parfois.
























