Guyane. Economie : un contexte incertain

Selon la note de conjoncture de l’IEDOM, en Guyane, pour la première fois depuis un an, l’indicateur du climat des affaires subit un léger fléchissement au premier trimestre 2026.

Pour le troisième trimestre consécutif, l’indicateur du climat des affaires se maintient au-dessus de sa moyenne de longue période, s’établissant à 103,7 points. Ces niveaux n’avaient pas été observés depuis la reprise post-Covid de l’activité en 2021. Toutefois, pour la première fois depuis un an, il subit un léger fléchissement au 1 er trimestre 2026 (-1,3 points).

Le regain d’activité du Centre Spatial Guyanais offre des perspectives de développement à moyen terme. Toutefois, le déclenchement du conflit armé dans le détroit d’Ormuz, en février, et la hausse des prix du carburant qu’il entraîne brouillent les perspectives d’investissement et d’activité des chefs d’entreprise. Près d’un tiers des entreprises interrogées dans le cadre de l’enquête de conjoncture estiment que l’évolution de leur situation est « modérément difficile à prédire. »

Des prévisions orientées à la baisse

Le solde d’opinion relatif à l’activité du trimestre passé recule significativement, contribuant à l’inflexion de l’Indice du climat des affaires. Les prévisions pour le trimestre à venir sont également orientées à la baisse, ce qui, selon l’IEDOM, souligne l’attentisme des chefs d’entreprises dans ce contexte incertain.

S’agissant de la trésorerie, les soldes d’opinion portant sur la trésorerie du trimestre écoulé et pour le trimestre à venir sont tous deux orientés à la baisse, mais se maintiennent au-dessus de la moyenne de longue période.

En revanche, les prévisions concernant les prix de vente et les soldes d’opinions qui matérialisent les intentions d’investir affichent une nouvelle progression. L’amélioration du solde d’opinion des délais de paiement (+1 point) soutient cette tendance haussière, même s’il demeure sous sa moyenne de longue période s’agissant des perspectives.

Créations d’entreprises et défaillances

Le nombre de créations d’entreprises se maintient en début d’année (+4,6 % sur le trimestre et +18,4 % sur un an) avec 1 096 nouvelles immatriculations sur le trimestre. Cette progression est portée par les microentreprises, dont les créations augmentent de +3,1 % en glissement trimestriel de +33,1 % sur un an.

En revanche, les défaillances d’entreprises continuent de progresser (+16,7 % sur le trimestre). Elles atteignent un nouveau record, établi à 196 en cumul sur 12 mois. Cette tendance est révélatrice d’un effet de rattrapage post-Covid, marqué par la fin des aides publiques ayant été contractées à cette période. Elle s’explique également par un plan d’action initié par le Tribunal de Commerce qui vise à fiabiliser le registre des entreprises, en ciblant les entreprises manifestement sans activité.

Léger ralentissement de l’inflation

L’indice des prix à la consommation (IPC) est en léger recul au 1er trimestre 2026 (-0,5 %). Les prix de l’énergie (-4,0 %) et des services (-0,6 %) sont en baisse sur le trimestre. En revanche, les prix de l’alimentation (+0,2 %) et des produits manufacturés (+0,2 %) progressent.

Sur un an, les prix augmentent de 1,2 % en Guyane, un taux inférieur à celui enregistré au niveau national (+1,7 %). Cette évolution s’explique par une hausse des prix des services (+2,7 %), de l’alimentation (+2,4 %) et, dans une moindre mesure, des produits manufacturés (+0,2 %). Les prix de l’énergie sont quant à eux en baisse de 5,9 %.

À noter que depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient le 28 février, les prix des matières premières énergétiques ont fortement augmenté.

Le marché du travail se stabilise

Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A diminue légèrement au 1er trimestre 2026 (-0,7 %), après la hausse enregistrée le trimestre précédent (+2,5 %). Cette tendance concerne l’ensemble des catégories d’âge, soit -1,1 % pour les moins de 25 ans, -0,6 % pour les 25 – 49 ans, et -0,7 % pour les plus de 50 ans. Cette baisse est davantage marquée pour les hommes (-0,9 %) que pour les femmes (-0,5 %). En revanche, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie ABC de longue durée (plus d’1 an) continue de progresser (+10,0 % après +8,5 % le trimestre précédent).

Une dynamique d’investissement contrastée

L’investissement privé montre des signaux divergents en début d’année, après une fin d’exercice déjà marquée par un essoufflement. Les importations de biens d’investissement témoignent d’un net repli (-10,1 % sur le trimestre ; -0,7 % sur un an). Les importations de biens d’équipement reculent encore plus fortement, avec une baisse de 17,2 % sur trois mois et de 3,2 % sur douze mois.

Pour autant, les chefs d’entreprise interrogés par l’IEDOM font état d’une amélioration de leurs prévisions d’investissement au 1 er trimestre 2026. Ce solde d’opinion, qui synthétise les intentions d’investir sur les 12 mois à venir, se maintient à un niveau positif, confirmant ainsi la poursuite d’un climat d’investissement favorable.

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