Le décès de Patrick Solvet a surpris toute la Guadeloupe. Les réactions n’ont pas manqué.
Au nom du CASC, Didier Bérald-Catelot, président
Patrick, Aujourd’hui, la Guadeloupe perd bien plus qu’un homme engagé : elle perd une voix, une mémoire, un passeur. Tu étais une figure incontournable de notre patrimoine culturel, un Guadeloupéen profondément habité par l’amour du Gwoka, de la langue créole et de nos traditions héritées des anciens.
Voix emblématique du Festival Gwoka, tu savais faire vivre notre culture avec passion, respect et authenticité. Tu possédais cette connaissance rare et précieuse des Mètamannyok, tout autant que cette capacité à reconnaître et encourager les jeunes talents en devenir.
À travers tes idées, tes réflexions et ton engagement, tu as inspiré nombre des thématiques du festival et contribué à faire rayonner notre patrimoine culturel immatériel. La transmission était au cœur de ton combat. Pour toi, il était essentiel d’aller à la rencontre de la jeunesse, d’ouvrir les portes des écoles, de raconter, de partager, de transmettre cette richesse culturelle afin qu’elle continue de vivre dans les générations futures.
Tu croyais profondément que notre culture devait être portée, préservée et diffusée, ici comme ailleurs. Fidèle au travail engagé par REPRIZ pour la sauvegarde du Gwoka, tu as consacré ta vie à défendre nos « mès é labitid », notre identité et notre mémoire collective. Ton ancrage dans notre patrimoine faisait de toi une véritable vitrine de la culture guadeloupéenne.
Patrick, ton départ laisse un grand vide, mais ton héritage demeure immense. Ton amour pour le Festival Gwoka, pour notre culture et pour le peuple guadeloupéen, continuera de résonner dans chaque chant, chaque koud tanbou, chaque voix qui fera vivre le Gwoka demain.
Merci pour ton engagement, merci pour ta passion, merci pour l’amour que tu portais au Festival Gwoka et à la Guadeloupe. Rèpozé an pé, Patrick…
An filao, lapli pa ka tonbé
Patrik Solvet, konnyéla, sé an fétay a branch é an dousè a fèy é flè nanm a’w, lèspri a’w ka pozé. Soufrans é blès a kò pa ka konté ankò. Ou paré pou pran hotè é dimansyon a zansèt.
Nou sav ou ké véyé si nou. Ou ké fè séna épi Gi Konkèt, Wobè Loyzon, Man Soso, Jéra Pomer, papa Vélo Masèl Lolya, Sèwjis Geoffroy, Carnot, Chaben Jèwmen Calixte… É tout gran mètka, mètamannyòk, mètfédanm ki té ja la ka atann vou an lonbraj a gran pyéfilao nasyonnal a Péyi-Bannzil Gwadloup. Ou alé fè chimen a’w ki ta’w. Mé tras a’w maké an chimen kòsyè kon an granchimen.
Ou té doubout an lawonn la ka chanté, ka kabéché, ka wouklé, ka gidonné, ka baylavwa, ka frapé lanmen a dé men pou mandé rèspé ba lézansyen, ka gloriyé lézansèt. Alèla, sé vou ki pran chimen a divini zansèt an nou. Nou ja sav ou ké véyé si nou. Ou hélé mès é labitid an nou toupatou ou pasé.
Ou chanté lanmou a Péyi-Bannzil Gwadloup san jen pèd fwa. Ou woulé jou an jou pou woté péyi an nou an vyé soulyé. Ou maché nipyé, ou simé, ou wouzé, ou planté. Dé men a’w travay pou péyi la, vwa a’w wouklé pou péyi la, kè a’w boula pou péyi la, lèspri a’w kabéché pou fè péyi an nou vansé an chimen rèskonsabilité é souvrennté. On vayan jouwa, on patriyòt, asiré-senten.
Pawòl a’w té okilo, pa té ka machandé ponmoun, piti kon gran. Ou pa té ka fè dèyè kaz, fè lapoul pa té jé a’w. An jédimo, ou pran pòz filozòf, an kont, ou mandé pran tiban la sizé, an kous a bèf ou halé pikèt a’w pou ou pa rété dèyè ka gadé kous ka pasé. Ou té vwa a fèstival gwoka, défansè a on patrimwann moun pé pa mannyé, ni konprann si a pa épi kè é sensérité.
Ou té nanm a CACS dépi antan boul té ka bay si plaj Sentann jous a lòt jou, pa menm ka fè on mwa, pou paré 38 lanné a Fèstival, ka bouré nou pou nou travay plis, pli lwen, pli fò. Ou janbédlo pou défann kòz a gwoka douvan Linèsko.
Ou vwè tandi, kantité awtis an nou alakèl wouvè zèl a yo an fèstival la. Asiré-senten lonbrik a’w sé Sentann i chouké. Haa Patrik Solvet, menmsi dlozyé ja ka koulé si figi an noutout ka sonjé’w, sé kè kontan nou ka di’w byenmèsi, granmèsi, bèl mèsi san bout, ajékontinyé pou chimen trasé ou trasé.
Tout ékip a Fèstival Gwoka, toutmoun a CACS, noutout sanblé jòdila é dèmen si linivè ka pèmèt, pou voyé on gwo fòs ba fanmi a’w, ba tout bonmoun a’w pou di yotout on gran kenbé rèd, kenbé kè. Noutout sav an filao lapli pa ka tonbé Soufrans a blès é kò pa ka konté ankò.
Guy Losbar salue la mémoire de Patrick Solvet, figure engagée de la transmission culturelle en Guadeloupe
C’est avec une profonde émotion que le président du Conseil départemental, Guy Losbar, a appris le décès de Patrick Solvet, acteur engagé de la vie sociale et culturelle guadeloupéenne, profondément attaché à la transmission, à la valorisation du patrimoine et à la reconnaissance des identités culturelles de notre archipel.
Personnalité majeure de la culture en Guadeloupe, Patrick Solvet portait une vision large, exigeante et inclusive du patrimoine culturel immatériel. Le gwoka occupait naturellement une place essentielle dans son engagement, mais son regard embrassait aussi les veillées culturelles, les chants de marins de La Désirade, les traditions indoguadeloupéennes, ainsi que l’ensemble des expressions populaires qui participent à la richesse et à la diversité culturelle de la Guadeloupe.
Très impliqué dans le projet d’inscription du gwoka sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, il aura consacré une part importante de son parcours à faire vivre, connaître et transmettre les héritages culturels guadeloupéens. Il a également contribué à plusieurs manifestations portées par le Conseil départemental, parmi lesquelles Gloriyé Gwoka, Lawonn O Konba, dédiée aux luttes dansées de Guadeloupe, ou encore les veillées culturelles organisées dans le cadre du Mois du Créole 2025 autour de la thématique « Annou Fè Yonn »
À travers ces engagements, Patrick Solvet laisse le souvenir d’un homme de conviction, de transmission et de dialogue, soucieux de faire reconnaître la profondeur de nos traditions tout en les inscrivant dans une dynamique vivante, ouverte et partagée. Sa disparition constitue une perte importante pour le monde culturel guadeloupéen et pour toutes celles et ceux qui œuvrent à la préservation de notre patrimoine immatériel.
En cette douloureuse circonstance, le président du Conseil départemental, Guy Losbar, ainsi que l’ensemble des élus départementaux, adressent à sa famille, à ses proches et au monde culturel guadeloupéen leurs condoléances les plus attristées.
Hommage à Patrick Solvet, fervent défenseur
du patrimoine guadeloupéen
Monsieur Patrick Solvet était une figure centrale et respectée de la vie culturelle, sociale et politique de notre archipel. Son engagement au service de la Guadeloupe, de ses traditions et de son patrimoine immatériel aura marqué durablement ceux qui ont eu le privilège de le côtoyer, de l’écouter et de travailler à ses côtés.
Animateur, chroniqueur, conteur, élu… les casquettes sont multiples décrivent toutes un homme qui se battait pour que son île n’oublie pas ce qu’elle sait faire, chanter, danser.
Un défenseur infatigable du patrimoine immatériel Membre fondateur du centre Rèpriz de musiques et danses traditionnelles et populaires, Patrick Solvet s’est investi avec constance et détermination dans la valorisation et la sauvegarde des expressions culturelles guadeloupéennes.
Il fut l’un des artisans du long processus ayant abouti, en novembre 2014, à l’inscription du Gwo Ka au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, une reconnaissance historique pour laquelle il milita sans relâche. Son implication dans l’organisation du festival de Gwo Ka de Sainte-Anne, rendez-vous incontournable de la vie culturelle de l’archipel, témoignait de la cohérence de cet engagement. Un homme de médias au service de l’identité créole
Avec ses rubriques radiophoniques et ses émissions télévisées, notamment « Bokantaj » et « Nou adan péyi-la », Patrick Solvet a consacré sa vie à faire connaître et aimer la culture guadeloupéenne dans toute sa richesse. Conteur accompli, il animait veillées et événements publics avec un talent rare pour rassembler les générations autour d’une mémoire commune.
Son amour de la langue créole, qu’il pratiquait avec élégance et humour, ont fait de lui un ambassadeur naturel de l’identité antillaise.
Un hommage mérité Monsieur Patrick Solvet aura consacré plus de quarante années de sa vie à servir son pays, ses traditions et ses habitants, avec une intégrité et une générosité que tous ceux qui l’ont connu s’accordent à saluer.
La direction des affaires culturelles de Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin souhaite saluer la mémoire de cet infatigable passeur de culture guadeloupéenne.























