Guadeloupe. Les acteurs du BTP menacent d’actions fortes si l’Etat et les élus ne paient pas leurs dettes

Commande publique, crises du BTP et de l’eau : les décideurs se réunissent en CTAP à l’initiative du président du conseil régional.

La Conférence territoriale de l’action publique (CTAP) est convoquée en présence du président du conseil départemental, du préfet de Guadeloupe, des présidents d’EPCI, des maîtres d’ouvrage publics et des organisations professionnelles vendredi 17 juillet à l’Espace régional du Raizet.

Cette session aura pour objectif de traduire en actions concrètes et immédiates les engagements pris lors de la table ronde du 2 juillet à la résidence départementale, afin de répondre à la crise du secteur du BTP (délais de paiement, accès à la commande publique, trésorerie).

La CTAP fera également un suivi des résolutions du Congrès des élus du 24 juin consacré à l’eau, et fera un point de situation sur l’arrêté de liquidation du SIAEAG.

Les acteurs du BTP ne veulent plus de parlottes

Alors, réunion qui débouchera sur des actions concrètes ou simple volonté de dégonfler la colère des acteurs du BTP ?

C’est la question que pose l’association Guadeloupe Economique : « Réunie lundi 13 juillet, Guadeloupe Economique
accueille favorablement la convocation par la Région Guadeloupe d’une Conférence Territoriale de l’Action Publique
(CTAP) regroupant les présidents de collectivités. les parlementaires et l’Etat. pour traiter de la crise que traverse le secteur du BTP

Cette CTAP ne doit pas constituer une réunion de plus avant la coupure estivale. Après la table ronde du 2 juillet dernier qui n’a débouché sur aucune mesure concrète de paiement, la question de la survie des entreprises du secteur du BTP se pose avec acuité et le temps des concertations est révolu.

La dette des donneurs d’ordre publics à l’égard des entreprises quadeloupéennes s’élève à près de 180 millions d’euros, dont 101 millions d’euros au seul secteur du BTP. Ces montants ne sont plus des chiffres administratifs : ils correspondent à des salaires non versés, des fournisseurs non réglés et des entreprises à l’arrêt.

Guadeloupe Economique attend de cette CTAP des engagements fermes et datés sur deux points non négociables :

  • Le paiement effectif et sans délai des sommes dues aux entreprises créancières de la commande publique ;
  • l’arrêt immédiat des procédures contentieuses engagées par les organismes sociaux et fiscaux à l’encontre d’entreprises dont les difficultés de trésorerie résultent directement du non-paiement de la commande publique. Une entreprise ne peut pas ètre poursurvie, et encore moins mourir, pour n’avoir pas recouvré ce qu’on lui doit.

Un message clair à la population guadeloupéenne

Guadeloupe Economique tient à expliquer simplement ce qui est en jeu. Cette crise n’est pas un problème réservé à quelques grandes entreprises du bâtiment. Derrière chaque chantier à l’arrêt, il y a des artisans, des fournisseurs de matériaux. des transporteurs, des sous-traitants et des salariés, souvent employés par de très petites structures, qui vivent directement ou indirectement de l’activité du BTP.

Quand une entreprise n’est pas payée, c’est toute une chaîne d’emplois locaux, y compris ceux qui n’apparaissent jamais dans les statistiques du secteur, qui se retrouve fragilisée.

C’est donc bien l’ensemble de l’économie guadeloupéenne, et pas seulement le BTP, qui est impacté.

Guadeloupe Economique met solennellement en garde les collectivités, les établissements publics et l’Etat : à défaut de solutions concrètes à l’issue de cette CTAP les organisations professionnelles de tous les secteurs d’activité n’excluent aucune forme d action pour faire respecter les droits des entreprises guadeloupéennes.

Le temps du dialogue ne peut plus se substituer au temps de l’action. »

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