Disparition. Stéphanie Chateauneuf : « Jean-Marie, c’était notre grand frère ! »

Jean-Marie Chateauneuf, pilote automobile, champion dans sa discipline, a péri dans un tragique accident le 15 octobre. Sa Sœur Stéphanie témoigne. Trois journées d’hommages seront rendues au pilote disparu.

C’était la veille de prendre part à la Course de côte de Bananier. A Jarry, le soir. Une voiture accidentée, deux hommes à bord. La voiture, une Mitsibishi aux couleurs d’un pilote connu. Personne ne voulait le croire. Malheureusement, il fallait se rendre à l’évidence. Jean-Marie Chateauneuf était parti rejoindre ses idoles dans le ciel étoilé. La dernière fois que quelques privilégiés ont pu le voir en course, c’était quinze jours plus tôt, à la Course de côte de Caféière. Jean-Marie Chateauneuf était en forme pour Bananier. Il était prêt à exploser le compteur. Le destin en a voulu autrement.

Stéphanie Chateauneuf, sa sœur, a voulu témoigner de qui était son grand frère. Grand frère qui était aussi le protecteur de ses deux petites sœurs, Stéphanie et Nathalie, ses cadettes d’un et deux ans.

« Avant tout, je veux dire que tout ce qu’il a fait, son entreprise, sa Team Chateauneuf Racing, ses activités dans le football, tout ça va perdurer en sa mémoire. »

Le jour où le FC Barcelone a appelé

« Mon frère était un très bon footballeur. Il a fait tous les clubs du Moule : le Nénuphar, l’ASM, le CSM. Le football c’était sa passion. Sa passion de toujours. Il a fait trois stages qui l’ont marqué : à l’AJ Auxerre, à Clairefontaine, à Nantes. Mais, les parents qui n’avaient qu’un seul fils ne voulaient pas le voir partir. Quand des chercheurs de têtes ont commencé à téléphoner, notamment celui du FC Barcelone, mon père a dit que ce n’était pas possible, qu’il fallait que Jean-Marie reste en Guadeloupe pour participer aux affaires familiales. Jean-Marie a cédé, il ne voulait pas faire de grandes études et il est venu avec nous, papa, maman, nous les sœurs, pour s’occuper des garages, des ateliers, des magasins. Il n’est pas parti. Il est resté et a fait sa vie en Guadeloupe. »

Toujours protecteur avec ses petites sœurs, Jean-Marie Chateauneuf était, aux dires de Stéphanie, un enfant timide, isolé par cette timidité. Pas introverti, mais réfléchi. « Nous étions comme trois mousquetaires, à se battre tout le temps, mais Jean-Marie prenait toujours notre défense. C’était notre grand frère. Le goût de la compétition, nous l’avions et nous l’avons encore. Nathalie le tennis, moi la natation, Jean-Marie le football puis le quad. »

Une grande admiration pour Pierre Nègre

Pourquoi le quad ? Parce que Jean-Marie Chateauneuf ressentait le besoin de se dépenser en compétition. Le football de haut niveau, c’était fini, même s’il continuait à sponsoriser, aider les équipes du Moule, donc, ce serait un sport mécanique. La famille baigne dans la mécanique. Le quad, dont il a été champion de Guadeloupe. Avant un drame.

« Un jour, en compétition, il y a eu un accident. Il nous a dit, bouleversé que le compétiteur était mort près de lui… Ça l’a profondément marqué. Cet accident, ce pilote mort… Il a cessé de faire du quad de compétition. Il s’est tourné vers quelqu’un qu’il admirait énormément : Pierre Nègre, avec qui la famille était en affaires. Le coureur automobile emblématique de l’époque qu’était Pierre Nègre était un modèle pour lui. Pierre a été très gentil, il lui a dit : « Viens, je t’entrainerai comme mon fils. » Jean-Marie se sentait mieux en voiture. Il nous disait que ce n’était pas comme le quad, qu’il y avait une coque pour le protéger. Il a commencé à faire de la compétition. Il y a eu des sorties de route, comme souvent dans ce type de sport mécanique, de la casse. Mais, il a continué, avec passion. Il a créé avec d’autres la Team Chateauneuf Racing. C’était du sérieux. Mon frère était très sérieux. Posé, rigoureux. C’était aussi un passionné : il voulait être le meilleure, préparait les voitures avec soin. Il avait encore beaucoup à donner dans le sport automobile. »

André-Jean VIDAL

Trois « épreuves spéciales » pour le JM Tour

Sa famille, ses amis, les clubs sportifs automobiles, ASA Guadeloupe, Asa Caraïb, Asa Archipel, Asa Tropic, la ligue Sport Automobile Guadeloupe, l’Association Sportive Automobile de la Martinique, ont voulu rendre le plus bel hommage qui soit au pilote disparu.

Ils ont appelé les trois journées consacrées à Jean-Marie Chateauneuf, trois moments d’émotion, le JM Tour. Avec trois « épreuves spéciales » : ES1, La présentation du corps, ES2, Le jour de l’incinération, ES3, L’hommage.

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