Guadeloupe. Mémoire : Lucile un symbole de résistance 

Pour la clôture du week-end mémoriel organisé par le Conseil départemental à l’habitation La Mahaudière à Anse-Bertrand, un grand spectacle artistique immersif a retenu l’attention des spectateurs samedi 30 mai.

Le spectacle « Au nom de Lucile » a rendu hommage à Lucile, ancienne esclavisée de l’habitation qui a poursuivi son maitre en justice pour ses mauvais traitements. A travers son histoire, le spectacle a rendu hommage à toutes les victimes de l’esclavage et à tous ceux qui ont lutté contre ce crime au cours des années. 

En arrivant à l’habitation de La Mahaudière, nous sommes directement transporté dans une autre réalité, celle des malheurs de Lucile. A travers les différentes prestations artistiques qui ont occupé l’ensemble du lieu, les artistes ont raconté l’histoire de Lucile et celle de la Guadeloupe durant la période esclavagiste.

Le spectacle mémoriel, « Au nom de Lucile » s’est démarqué par une réelle volonté d’incarner l’histoire et de faire ressentir les expériences des personnes mises en esclavage autrefois dans ce même lieu, en incarnant la haine, l’espoir, la détermination, l’abnégation et la force.

Le spectacle commence par un passage dans la foret des âmes, restitution et exposition de quatre photographes (Anaïs Verspan, Daniel Dabriou, Jessica Laguerre et Nicolas Nabajoth) qui ont immortalisé et retranscrit l’histoire des lieux par des clichés saisissants. C’est également dans la foret des âmes que l’on voit la représentation de Lucile, entièrement voilée qui va suivre l’entièreté du spectacle. 

« C’était pour nous une façon de crier cette histoire à travers les gestes, les danses la musique, et les arts immersifs. Nous voulions redonner vie à Lucile. Le fait qu’elle soit voilée, c’est une manière de lever le voile sur l’oubli, en disant « Lucile on pense a toi, tu n’es pas partie, tes enfants sont là » », explique Cynthia Phibel, sous-directrice des politiques culturelles du Conseil départemental.

Les spectateurs sont guidés à travers le site par la musique de Mas an Mas, avant de profiter des différentes prestations artistiques qui revenaient sur l’histoire de Lucile. Mise en esclavage au sein de l’habitation La Mahaudière, Lucile décide d’intenter un procès contre son maitre en raison de sa cruauté. Elle a notamment passé 22 mois au cachot, pour avoir refusé de quitter sa case un matin. 

Cynthia Phibel :

Le spectacle est venu conclure trois journées mémorielles au site de La Mahaudière qui ont débuté avec un colloque mémoriel organisé par le conseil départemental. Le spectacle mémoriel est un exemple de revalorisation des lieux choisis par le Conseil départemental au cours du colloque pour ouvrir une discussion sur les possibles aménagements qui pourront faire sens.

« L’idée était également de se demander qui sommes nous, comment existons-nous, et comment nous faisons peuple, c’est aussi à travers l’art et la culture », conclut Cynthia Phibel. 

Tafari Tirolien 

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