Guadeloupe. Sargasses : un fléau qui gagne du terrain

Les algues brunes, qui s’échouent en grande quantité sur certaines plages, entraînent des conséquences multiples et inquiètent habitants et commerçants.

Depuis plusieurs années, les sargasses représentent un problème croissant sur les côtes de Guadeloupe, notamment à Saint-François. Avec des volumes toujours plus conséquents, les échouements de sargasses deviennent de plus en plus difficiles à gérer en Guadeloupe. En s’accumulant sur le littoral, elles dégagent une forte odeur, liée notamment aux gaz produits par leur décomposition.

Dans certaines situations, ces émissions de gaz peuvent présenter un risque pour la santé et dégrader différents matériaux et objets : électro-ménager, bijoux, mais aussi des œuvres d’art, ce qui rend leur présence particulièrement préoccupante.

Le ramassage permet de limiter leur accumulation, mais il reste difficile à organiser. En effet, il n’existe pas toujours de lieu adapté pour les stocker. Les algues peuvent alors rester sur place ou être difficiles à évacuer, ce qui prolonge les nuisances et complique la gestion du phénomène.

Une conséquence directe sur la fréquentation et l’économie

La situation n’est cependant pas identique partout. À Saint-François, la plage du Lagon, par exemple, est actuellement relativement épargnée et présente peu de sargasses. Cette différence montre que les échouements peuvent varier selon les zones.

La présence des sargasses a également des conséquences sur la fréquentation des plages. Certaines d’entre elles auraient perdu près de 50 % de leurs visiteurs, notamment la plage des Raisins-Clairs.

L’odeur, l’aspect des algues échouées et leur présence sur une majorité de la plage (empêchant parfois l’accès à la mer) peuvent en effet décourager les habitants – comme les touristes – de profiter du littoral.

Cette baisse de fréquentation inquiète particulièrement les commerçants installés sur ces plages, leur activité dépendant principalement du nombre de personnes présentes sur le site.

Des solutions à développer

Une diminution des visiteurs entraîne une baisse du chiffre d’affaires et fait craindre des difficultés économiques pour les professionnels. Pour autant, ils croient au potentiel des plages et comptent continuer à exercer sur les lieux dans l’espoir d’une amélioration.

Actuellement, les actions mises en place ne permettent pas de faire face efficacement et durablement à l’arrivée des sargasses. Plusieurs pistes pourraient être envisagées, notamment pour améliorer leur ramassage, leur stockage ou leur valorisation. Mais ces solutions restent encore à développer et à mettre en place.

Face à ce phénomène qui s’intensifie, il devient nécessaire d’élaborer des solutions plus durables afin de protéger les plages, la santé des populations concernées et l’activité économique dont dépendent certains secteurs.

Doriane Virgel

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