Le second long métrage de Gessica Généus, Marie Madeleine , était à l’affiche au Festival de Cannes pour sa grande première, jeudi 14 mai. Projeté à la salle Debussy au Palais des festivals, Marie Madeleine a fait salle comble à Cannes Première.
À peine sortie de la salle Debussy, où a été projeté le film devant un public de 1 200 cinéphiles, c’est une Gessica Généus à la fois émue et aux anges que retrouve Frantz Duval sur la Croisette en cette soirée de jeudi. « Je me sens soulagée. Je suis soulagée que la projection se soit bien déroulée », réagit la réalisatrice à chaud, confiant qu’elle a vécu toutes les gammes des émotions lors de la projection.
Après Freda en 2021, avec Marie Madeleine a conquis les festivaliers qui ont eu l’occasion de voir le film. Le long métrage de 103 minutes plonge dans l’ambiance de Jacmel, au Sud-Est d’Haïti, où Marie Madeleine, une femme libre, incarnée par Gessica Généus, vit de la prostitution, sans se soucier des règles de ceux qui entendent lui imposer une certaine moralité.
Dans ce cadre, où une église et un bordel cohabitent, Marie Madeleine noue une relation avec Joseph, fils putatif du pasteur. Un rapprochement entre deux mondes diamétralement opposés. De cette relation, est mis en scène le désir, la croyance et la quête de liberté.
Les choix de Gessica Généus ne sont pas innocents, élevée dans un milieu très ancré dans la religion, elle a su remarquer les écarts. Comme elle le dira à TV5 Monde : « Ce qui prédomine normalement dans la religion, c’est l’amour, c’est la tolérance. C’est censé être accueillant. Pourtant, la peur a beaucoup existé dans les milieux que j’ai fréquentés en Haïti ».
Au-delà du film, la réalisatrice veut montrer Haïti dans toutes ses dimensions et quand Frantz Duval lui demande un conseil pour les jeunes, Gessica Généus n’y va pas par quatre chemins. « D’abord, reste comme tu es. Ne cherche pas à changer, reste comme tu es. Apprends à te connaître assez. Ainsi, quand tu cherches à exprimer une émotion, pour que celle-ci vienne du plus profond de toi-même. Car il n’y a rien de plus important, il n’y a rien de plus intéressant à vivre dans ta création que l’on te voie comme tu es, dans ta vérité », un appel à l’authenticité, qu’elle dit cultiver dans ses travaux.
« Il faut s’approprier qui on est dans tous les aspects de ce que cela veut dire. On n’a pas à être parfait pour exister. On a juste à être dans notre humanité, dans les facettes de cette humanité », lâchera-t-elle plus tard, à Radio France Internationale (RFI).
Pour réaliser ce film, Géssica Généus a bénéficié d’une équipe mieux étoffée que sur Freda. « L’équipe est plus étoffée car il y avait beaucoup plus d’ambition. Heureusement, on a trouvé plus de moyens et supports en Haïti et à l’étranger. Je pense aussi que Freda a joué un rôle essentiel dans cet apport », a souligné la réalisatrice qui a bénéficié de soutien financier du Fonds image de la francophonie de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF).
Cannes Première : c’est quoi ?
Comme pour Freda, 5 ans plus tôt, Marie Madeleine n’est pas en compétition. Initiée en 2021, Cannes Première a été créée afin d’accueillir « les grands noms du cinéma dont les œuvres ne répondent pas forcément aux critères de la Compétition ».
Lancée pour mettre en valeur les créations des réalisateurs confirmés, cette catégorie propose à chaque édition depuis 2021 des premières mondiales exclusives au Palais des festivals.
Pour la 79ᵉ édition du festival, en plus de Marie Madeleine, Cannes Première a accueilli le réalisateur portugais Tiago Guedes avec Aquí ; l’Allemand Volker Schlöndorff avec Heimsuchung [Le bois de Klara] ; le réalisateur nippon Kiyoshi Kurosawa avec Kokurojo [Le château d’Arioka] ; les réalisateurs français Daniel Auteuil avec La troisième nuit ; Christophe Honoré avec Mariage au goût d’orange et Géraldine Nakache avec Si tu penses bien.
Dans cette même catégorie, le réalisateur américain John Travolta est représenté avec Propeller one–way night coach [Vol de nuit pour Los Angeles]; la réalisatrice espagnole Maria Martínez Bayona participe avec The end of it et les réalisateurs argentins Juan Cabral et Santiago Franco y figurent avec The Match.
Source : Le Nouvelliste
























