Haïti. « Silence complice de l’État » : le maire de Marchand-Dessalines, Dunord Siléus, démissionne

Le président du Conseil municipal intérimaire de la commune de Marchand-Dessalines, Dunord Siléus, a officiellement remis sa démission dans une correspondance adressée à la Direction générale du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (DG-MICT), en date du 6 avril 2026.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par une détérioration alarmante de la situation sécuritaire dans la commune et dans l’ensemble du département de l’Artibonite.

Dans sa lettre, le maire démissionnaire évoque une série d’événements violents ayant profondément fragilisé la ville de Dessalines ainsi que les communes avoisinantes. Il rappelle notamment l’attaque du 17 juillet 2025 ayant conduit à l’incendie du commissariat de Dessalines par le groupe armé Kokorat San Ras. À cela s’ajoutent les récentes attaques perpétrées par les gangs Gran Grif et Kokorat San Ras, notamment dans la nuit du 28 au 29 mars 2026 à Jean-Denis, ainsi qu’entre le 30 mars et le 5 avril dans la 3e section Ogé. Ces violences ont entraîné des scènes de pillages, des incendies et des pertes en vies humaines.

Dunord Siléus dénonce également ce qu’il qualifie de « mépris de l’État central » face aux appels répétés des autorités locales. Il pointe du doigt l’absence de réponses concrètes pour rétablir la sécurité et permettre à la population de vivre dans des conditions acceptables. Dans sa correspondance, il va jusqu’à évoquer un « silence complice » du gouvernement haïtien malgré les cris de détresse de la population.

Quelques jours avant sa démission, soit le 7 avril 2026, lors de plusieurs interventions dans les médias à travers le pays, le maire avait déjà exprimé son exaspération face à l’inaction des autorités. Il avait dressé un bilan qu’il qualifiait de « désastreux » des violences enregistrées à Dessalines, notamment dans la localité de Pont-Joux et au centre-ville. À cette occasion, il avait lancé un ultimatum de huit jours au gouvernement, exigeant des mesures concrètes pour permettre aux habitants déplacés de regagner leurs domiciles.

Toujours lors de ses prises de parole, le maire Siléus s’était montré vivement critique à l’égard de la passivité du gouvernement et de la Police nationale d’Haïti (PNH), qu’il accuse de rester sourds face à la progression des groupes armés dans le département. Pendant ce temps, la population continue de payer un lourd tribut, vivant sous la menace constante des violences.

Face à une situation qu’il juge intenable, Dunord Siléus affirme avoir pris la décision de se retirer de ses fonctions, tout en remerciant les autorités pour la confiance placée en lui durant son mandat. Pour l’instant, la ville de Dessalines se retrouve quasiment sans autorité municipale effective, en attendant l’installation d’une nouvelle commission.

Cette démission met en lumière, une fois de plus, l’ampleur de la crise sécuritaire qui secoue le département de l’Artibonite et soulève de nombreuses interrogations quant à la capacité des autorités à rétablir l’ordre et à protéger les citoyens. Ces inquiétudes sont d’autant plus renforcées par la récente attaque du gang Kokorat San Ras dans la localité de Kapenyen, où plusieurs maisons ont été incendiées et plusieurs personnes blessées par balle.

Source : Le Nouvelliste

Lien : https://lenouvelliste.com/article/266336/silence-complice-de-letat-le-maire-de-marchand-dessalines-dunord-sileus-demissionne

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