La cité christophienne a connu, jeudi, une nouvelle journée de mobilisation marquée par de fortes tensions dans plusieurs quartiers, notamment à l’entrée sud et dans certaines zones de l’entrée est de la ville.
Dès les premières heures de la matinée, des groupes de manifestants ont érigé des barricades sur plusieurs axes stratégiques, incendiant des pneus et bloquant la circulation. Le mouvement s’est progressivement étendu à une partie du centre-ville, paralysant le transport en commun et ralentissant considérablement les activités économiques.
Plusieurs commerces, tant formels qu’informels, sont restés fermés, tandis que les banques commerciales ont fonctionné au ralenti.
Dans certaines zones, notamment à Sainte-Philomène, des incidents sporadiques ont été signalés, dont des jets de bouteilles. En fin d’après-midi, la fréquentation de plusieurs artères demeurait très faible, en raison de l’accumulation d’eaux stagnantes, de déchets et de boue, alimentant la grogne des riverains face à la dégradation persistante des conditions de vie.
Face à la montée de la contestation, une délégation ministérielle s’est rendue sur le terrain en milieu de journée. Sous la pression des protestataires, les autorités ont été contraintes de parcourir plusieurs quartiers à pied afin de constater l’état des infrastructures.
De Sainte-Philomène à Vertières, les responsables ont pu observer des routes fortement dégradées, des canaux obstrués, ainsi que des corridors envahis par des eaux stagnantes mêlées à des déchets et à de la boue.
À l’issue de cette tournée, la délégation a rencontré plusieurs acteurs locaux lors d’échanges tenus au bureau de la délégation départementale du Nord. Aucune communication officielle n’a toutefois filtré quant aux conclusions de cette rencontre.
Intervenant à l’issue de la visite, le ministre des Travaux publics, Transports et Communications, Almathe Joseph Pierre-Louis, a reconnu la gravité de la situation.
« Il n’y a pas de temps à perdre », a-t-il insisté, précisant que des moyens sont déjà mobilisés pour intervenir rapidement. Selon lui, des opérations de curage des canaux et des ravines, notamment dans les zones en amont, ainsi que des actions de ramassage des déchets dans le cadre du programme « Haïti Zéro Déchet », devraient être engagées dans les plus brefs délais, avec des résultats attendus dans moins d’une semaine.
Dans ce contexte tendu, le maire adjoint du Cap-Haïtien, Patrick Almonor, a tenu à rappeler les initiatives engagées par la municipalité pour améliorer durablement la mobilité urbaine.
Il a notamment évoqué un ensemble d’axes stratégiques inscrits dans un plan de réorganisation du réseau routier, dont la route reliant le carrefour SOS au Haut-du-Cap, celle partant du carrefour Semi (Lycée Anacaona) pour rejoindre l’axe de Carrefour SOS, ainsi que le corridor reliant le carrefour de l’Aéroport à Carrefour SOS. À cela s’ajoutent deux bretelles en cours d’ouverture sur les routes nationales #1 et #3 à travers l’axe SOS–Madeline.
Par ailleurs, la mairie du Cap-Haïtien, en collaboration avec le ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC) et avec un financement de la Banque mondiale, à travers l’Unité centrale d’exécution (UCE), a engagé un projet majeur de réhabilitation d’un tronçon à quatre voies sur la route nationale #3.
Ce chantier concerne le segment compris entre le carrefour Madeline (SOS) et le carrefour de l’Aéroport / Rue 5, sur une distance d’environ 2 400 mètres, avec une connexion prévue à partir d’un giratoire. Cet axe, fortement fréquenté, constitue un point névralgique dont l’état actuel complique la circulation quotidienne.
Le contrat, d’une durée de dix mois, a été signé le 22 avril 2026 avec l’entreprise T&C S.A., actuellement en phase de préparation technique avant le lancement effectif des travaux.
Appelant à la compréhension de la population, le maire adjoint a insisté sur les bénéfices attendus de ces interventions.
« Nous savons que ce tronçon est difficile à pratiquer au quotidien. Mais une fois les travaux terminés, cela va réellement changer les choses : une circulation plus fluide, davantage de sécurité et de meilleures conditions pour tous », a-t-il déclaré.
Dans ce climat de tensions, la population attend des mesures concrètes et rapides pour améliorer durablement ses conditions de vie.
Source : Le Nouvelliste























