La Martinique traverse une situation d’une gravité exceptionnelle. La montée des violences, la circulation des armes, l’emprise du narcotrafic, les règlements de comptes, les rixes, le décrochage et l’exposition précoce de certains jeunes à l’économie souterraine menacent directement la sécurité des Martiniquais, la cohésion de nos communes et l’avenir de notre jeunesse.
Les chiffres récemment rendus publics traduisent l’ampleur de cette crise : 40 homicides ont été recensés en Martinique en 2025, dont 34 par arme à feu. Depuis le début de l’année 2026, 12 homicides étaient déjà recensés au 26 mai, dont 10 par arme à feu.
Derrière ces chiffres, il y a des vies fauchées, des familles endeuillées, des quartiers fragilisés, des jeunes happés par la violence et des communes en première ligne face à une situation qui dépasse désormais les capacités ordinaires d’intervention locale. Face à cette réalité dramatique, toute inertie est inacceptable. La Martinique doit réagir collectivement.
Si la sécurité relève d’abord des compétences de l’État, la réponse ne peut être strictement sécuritaire. Elle doit être globale, ancrée dans les réalités locales et durable. La mobilisation doit concerner tous les acteurs martiniquais. La Collectivité Territoriale de Martinique entend prendre toute sa part.
À la demande de la Collectivité Territoriale de Martinique, une Conférence régionale de sécurité se tiendra en Martinique en juillet, sous l’autorité de l’État. Dans cette perspective, aux côtés du Préfet, le Président du Conseil exécutif de Martinique, Serge LETCHIMY, réunira :
Mercredi 17 juin, de 9 à 13 heures, à l’Hôtel de la CTM, les parlementaires, les 34 maires de Martinique, les présidents d’EPCI, les services de l’État compétents en matière de sécurité et de prévention de la délinquance, les acteurs de la justice, de l’insertion, de la jeunesse, de l’éducation
Cette rencontre pour une mobilisation collective contre les violences et le narcotrafic aura vocation à nourrir les échanges de la Conférence régionale de sécurité de juillet.
La matinée permettra d’aborder, de manière globale et opérationnelle, les enjeux liés à la jeunesse, à la prévention des ruptures, au soutien aux familles et à l’encadrement des jeunes les plus exposés, tout en intégrant les questions d’insertion, d’emploi, de formation et d’alternatives crédibles à l’économie informelle et aux trafics. Les échanges porteront notamment sur le repérage précoce, le décrochage scolaire, la médiation familiale, les équipes mobiles jeunesse-familles-quartiers, les clubs sportifs sentinelles, les actions culturelles et citoyennes, ainsi que sur le rôle essentiel des communes et des CCAS.
« Aucune institution ne peut agir seule »
« Face à la violence et au narcotrafic, aucune institution ne peut agir seule. L’État doit assumer ses compétences en matière de sécurité. Mais la réponse doit aussi être éducative, sociale, locale et collective. Nous devons protéger nos familles, encadrer nos jeunes, prévenir les ruptures et construire des alternatives réelles à l’économie de la violence. »
Serge Letchimy
























