Haïti. La violence des gangs aggrave la situation humanitaire, selon l’ONU

La violence des gangs continue d’aggraver la situation humanitaire sur fond de sous financement des opérations humanitaires de l’ONU en Haïti où l’accès au service sociaux est très limité, a mis en avant le secrétaire général António Guterres dans son dernier rapport au Conseil de sécurité, en date du 14 juillet 2026.

« La situation humanitaire a continué de se détériorer dans un contexte marqué par la violence des gangs, les déplacements massifs de population et les crises climatique et économique qui se chevauchent.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires estime que 6,4 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population, ont besoin d’une aide humanitaire, dont 3,3 millions ont besoin d’interventions prioritaires », peut-on lire dans ce rapport. 

« Toutefois, souligne le rapport, le plan de réponse humanitaire 2026 pour Haïti reste gravement sous-financé, ce qui limite les opérations vitales et l’accès aux services essentiels. Au 15 juin, seuls 25 % des 880,3 millions de dollars nécessaires avaient été financés. »

« Les services sociaux de base restaient fortement perturbés par la violence, les déplacements et les déficits de financement. Entre janvier et avril, 16 366 enfants (8 535 filles et 7 831 garçons) ont bénéficié d’un traitement contre l’émaciation sévère, sur un total de 176 958 enfants ayant fait l’objet d’un dépistage de la malnutrition », selon ce rapport.

Au cours de la même période, l’UNICEF a permis à 277 841 personnes d’avoir accès à l’eau potable, et fourni à 217 281 personnes des fournitures essentielles pour l’approvisionnement en eau, l’assainissement et l’hygiène, telles que des kits d’hygiène, des produits d’hygiène menstruelle et des kits contre le choléra. Au 13 mai, 1,47 million de personnes (12 % de la population) étaient déplacées à l’intérieur du pays, un chiffre en hausse de 1 % depuis décembre 2025. Les femmes et les filles représentaient 54 % des personnes déplacées, et les enfants 51 %, selon ce rapport.

La zone métropolitaine a enregistré une hausse de 6 %, dépassant pour la première fois le seuil des 300 000 personnes déplacées, principalement en raison des violences sévissant à Cité Soleil, tandis que le département de l’Artibonite a enregistré une augmentation de 5 %.

La plupart des personnes déplacées dans le pays vivent toujours dans des familles d’accueil, mais dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, 69 % d’entre elles résident dans des camps improvisés. Le nombre de retours a augmenté pour atteindre 165 937 personnes, soit une hausse de 89 % depuis décembre 2025 ce qui confirme la tendance amorcée l’an dernier, a souligné le rapport du secrétaire général de l’ONU.

Toutefois, la plupart des retours restent fragiles et ne peuvent être considérés comme durables, car de nombreuses personnes demeurent en proie à l’insécurité et continuent de n’avoir qu’un accès limité aux services de base et de faire face à l’absence d’une présence durable de l’État dans les zones de retour. Les besoins prioritaires restent l’alimentation, les moyens de subsistance, le logement, l’eau et l’assainissement et les soins de santé, indique ce rapport.

En avril et en mai, 42 778 Haïtiens ont été renvoyés de force, dont 99 % de la République dominicaine. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a apporté son aide à 2 089 d’entre eux, dont 50 % étaient des femmes et des filles, et 23 % des enfants.

À la suite des affrontements survenus à Cité Soleil, qui ont entraîné le déplacement de 17 496 personnes entre le 10 et le 27 mai selon les données de suivi de l’OIM, plus de 20 acteurs humanitaires ont mené une intervention intersectorielle rapide.

Environ 82 % des personnes déplacées ont trouvé refuge dans 33 sites répartis dans toute la capitale, parmi lesquels 21 camps improvisés et un centre de ressources communautaires ont été placés sous gestion groupée, tandis que 28 sites ont reçu des services relatifs à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, selon ce rapport.

Au total, 5 633 lots de produits non alimentaires, 100 assemblages d’abris d’urgence et 370 kits de dignité ont été distribués ; 9 610 personnes ont reçu une aide alimentaire ; plus de 390 consultations médicales ont été réalisées.

Le FNUAP a renforcé les services de santé sexuelle et procréative et de lutte contre les violences fondées sur le genre dans les camps de déplacés, où les femmes et les filles constituent la majorité des personnes survivantes, a indiqué António Guterres.

Source : Le Nouvelliste

Lien : https://lenouvelliste.com/article/270496/haiti-la-violence-des-gangs-aggrave-la-situation-humanitaire-selon-lonu#google_vignette

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