Le préfet et le procureur général de Guadeloupe appellent à un sursaut de la société guadeloupéenne contre l’hyperviolence et la circulation des armes.
Dans la nuit de mardi à mercredi, le département de la Guadeloupe a connu son trentième-et-unième homicide.
Des individus cagoulés et armés ont ouvert le feu sur un groupe de personnes rassemblées devant un commerce dans la commune des Abymes, faisant deux victimes dont une est décédée.
Au 17 septembre 2026, sur les 31 homicides enregistrés en Guadeloupe, 27 ont été commis par arme à feu.
Derrière ces chiffres, ce sont des familles guadeloupéennes, des mères, qui pleurent leurs morts et déplorent que leurs proches soient blessés gravement.
Ce sinistre décompte doit interpeller les Guadeloupéens et les pousser à agir collectivement contre la circulation des armes et leur usage décomplexé.
Les faits divers des derniers mois indiquent que les auteurs n’hésitent plus à employer des armes en plein jour, quel qu’en soit le motif. Ainsi, la semaine dernière, un individu a ouvert le feu devant le lycée Jardin d’Essai, mettant en danger de nombreux élèves qui sortaient des établissements scolaires au moment de la pause déjeuner. Les auteurs présumés sont actuellement en détention provisoire sur décision d’un juge.
Les forces de sécurité saisissent de nombreuses armes lors d’opérations de police administrative ou judiciaire : au total, 203 armes à feu ont été saisies depuis le début de l’année en Guadeloupe.
Pour autant, ces actions ne suffiront pas à débarrasser le territoire des armes. Les familles et les proches des détenteurs d’armes doivent agir à leur niveau pour les convaincre que la seule possession d’une arme à feu est dangereuse et peut conduire à commettre l’irréparable, qui se paie ensuite en années de prison ferme.
Le préfet et le procureur général rappellent solennellement que toute personne peut se présenter dans un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie pour y remettre une arme, et qu’aucune poursuite ne sera entamée contre elle de ce fait.
Les collectivités doivent également se mobiliser : il est regrettable que la rue dans laquelle le meurtre s’est produit cette nuit-là n’ait pas été couverte par des caméras de vidéoprotection en état de marche, alors même qu’elle est connue comme dangereuse.
C’est tout le sens du plan vidéoprotection à 3 millions d’euros annoncé par le préfet, qui appelle les élus à couvrir encore davantage leur territoire de caméras.
Le procureur général rappelle l’action des magistrats dans les établissements scolaires pour favoriser une culture de rejet de la violence. Mais, les parents doivent également se mobiliser, ainsi que les associations, pour lutter contre le recours à la violence.
Le préfet et le procureur général redisent la détermination sans faille des forces de sécurité intérieure et de la justice pour lutter contre la délinquance armée. Ils appellent leurs concitoyens guadeloupéens comme les élus à agir à leur niveau pour faire baisser le niveau de violence dans l’archipel. Seule une mobilisation collective permettra de rendre la Guadeloupe plus sûre et plus paisible.
























