Réunie en Assemblée plénière jeudi 21 mai, l’Assemblée de Martinique a adopté plusieurs rapports majeurs visant à accélérer le développement des énergies renouvelables et à renforcer la souveraineté énergétique.
Dans un contexte de forte dépendance aux énergies fossiles importées, la Collectivité Territoriale de Martinique poursuit, avec l’État, la révision de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie, document stratégique qui fixe la trajectoire énergétique du pays Martinique pour les périodes 2024-2028 et 2029-2033.
Cette trajectoire poursuit un objectif clair : réduire durablement la consommation d’énergie, augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix électrique, sécuriser l’approvisionnement et préparer les conditions d’une autonomie énergétique progressive, adaptée aux réalités d’un territoire insulaire et non interconnecté.
Les décisions adoptées ce jour traduisent une volonté politique forte de passer de la planification à l’action, en mobilisant simultanément trois filières structurantes.
L’éolien en mer : ouvrir une filière d’avenir pour la Martinique
L’Assemblée a approuvé le lancement d’une consultation préalable au déploiement de projets d’éolien en mer en Martinique.
Identifiée comme l’une des filières présentant le plus fort potentiel théorique pour la Martinique, l’éolien offshore constitue un levier stratégique pour diversifier le mix énergétique martiniquais, réduire la dépendance aux importations et renforcer la sécurité du système électrique.
Cette consultation permettra d’identifier les acteurs intéressés, les solutions techniques adaptées au contexte martiniquais, les conditions de faisabilité, les besoins en raccordement, les impacts socio-économiques et les exigences environnementales. Elle constitue une étape indispensable avant toute phase opérationnelle ou tout appel d’offres.
Une Cellule Énergies Marines Renouvelables sera également mise en place afin d’assurer le pilotage, la coordination et le suivi stratégique de cette filière appelée à structurer de nouvelles compétences, de nouveaux métiers et de nouvelles retombées économiques locales.
Le photovoltaïque : faire du patrimoine public un outil de production énergétique
La CTM engagera également une consultation pour développer le photovoltaïque sur son patrimoine bâti.
Avec un potentiel estimé à 8,49 MWc répartis sur 23 sites, cette stratégie vise à transformer les toitures publiques en leviers de production locale d’électricité renouvelable, tout en réduisant durablement la facture énergétique de la Collectivité.
Plusieurs modèles pourront être mobilisés selon les caractéristiques des bâtiments : autoconsommation, location de toitures, tiers-investissement ou projets portés avec des communautés d’énergie. Cette approche permettra de concilier maîtrise des charges publiques, accélération des projets et participation des acteurs locaux à la transition énergétique.
La géothermie : poursuivre l’exploration d’une ressource pilotable
Pour finir, l’Assemblée s’est également prononcée sur la mutation du Permis Exclusif de Recherche de gîtes géothermiques dit « Pointe Sud-Ouest », concernant notamment les communes des Anses-d’Arlet, du Diamant et des Trois-Îlets.
Cette mutation permet l’entrée de la société Albioma aux côtés de TLS Geothermics, à la suite du retrait de Storengy, afin de poursuivre les travaux de recherche engagés.
La géothermie représente une ressource renouvelable particulièrement stratégique pour la Martinique, car elle pourrait contribuer à terme à une production électrique stable, locale et pilotable, complémentaire des énergies renouvelables dépendantes des conditions météorologiques.
Une stratégie énergétique au service du pays Martinique
Pour la Collectivité Territoriale de Martinique, l’enjeu est désormais d’accélérer, avec méthode et responsabilité, en associant les services de l’État, les collectivités, les acteurs économiques, les opérateurs énergétiques, les investisseurs, les communes, les EPCI et la population.
IL A DIT
« À travers ces décisions, la Martinique ne se contente pas d’accompagner la transition énergétique, elle prépare les conditions de sa souveraineté énergétique. Dans un pays insulaire comme le nôtre, encore trop dépendant des énergies importées, chaque kilowatt produit localement est un acte de responsabilité, de résilience et de protection du pouvoir d’achat. L’éolien en mer, le photovoltaïque sur notre patrimoine public et la géothermie ne sont pas des projets techniques isolés : ils dessinent une stratégie cohérente pour mobiliser nos ressources, créer de la valeur ici, structurer de nouvelles filières et construire un avenir énergétique maîtrisé pour le pays Martinique »
Serge Letchimy, président du Conseil exécutif de Martinique

























