Réunie en séance plénière jeudi 21 mai, à la veille de la commémoration de l’abolition de l’esclavage du 22 mai 1848, l’Assemblée de Martinique a adopté une motion appelant à l’élaboration d’une loi nationale de justice réparatrice à la suite de la reconnaissance de la traite négrière transatlantique et de l’esclavage colonial comme crimes contre l’humanité.
Cette motion s’inscrit dans le prolongement de la loi Taubira du 21 mai 2001 et intervient vingt-cinq ans après cette reconnaissance historique majeure. Elle affirme la nécessité d’ouvrir une nouvelle étape politique, juridique et morale afin de prendre en compte les conséquences durables de l’esclavage colonial sur les sociétés issues de cette histoire.
Par cette délibération, l’Assemblée de Martinique demande solennellement au Gouvernement français d’engager, conjointement avec les représentants de la Martinique, l’élaboration d’un texte de loi relatif à la réparation des conséquences de la traite négrière transatlantique et de l’esclavage colonial.
La motion rappelle que ces crimes ont produit des dommages historiques, sociaux, économiques, sanitaires, psychologiques, culturels et fonciers dont les effets demeurent encore visibles aujourd’hui. Elle appelle ainsi à la mise en place d’une véritable politique publique nationale de justice réparatrice, dotée de moyens, d’objectifs et d’outils d’évaluation.
L’Assemblée de Martinique souligne également l’importance de la vision portée par les États de la CARICOM depuis 2014 autour d’une justice réparatrice fondée sur la vérité, la responsabilité, la reconstruction et le co-développement des sociétés héritières de cette histoire.
Dans cette perspective, la Martinique entend pleinement prendre part aux travaux qui pourraient être engagés au niveau national, en tant que territoire directement marqué par l’histoire de l’esclavage et de la colonisation.
Enfin, la motion prévoit qu’en cas d’absence de réponse de l’État , une commission transpartisane composée d’élus de l’Assemblée de Martinique sera mise en place afin de formuler des propositions législatives adaptées aux réalités et aux exigences de la Martinique.
Par cette adoption, l’Assemblée de Martinique réaffirme que la justice réparatrice ne relève ni de la revanche ni de la repentance, mais d’une démarche de vérité, d’émancipation et de construction d’un avenir plus juste, fondée sur la connaissance de l’histoire, la défense de la culture martiniquaise et la capacité du peuple martiniquais à se rassembler pour dépasser les héritages du système colonial et des inégalités qui en découlent encore aujourd’hui.

























