L’Agence fédérale de l’aviation américaine (FAA en anglais) prolonge son interdiction jusqu’au mois de septembre 2026 pour les compagnies aériennes commerciales américaines de voler vers la capitale d’Haïti, « en raison des risques pour la sécurité des vols liés à l’instabilité persistante. »
La FAA a élargi l’espace aérien restreint au-delà de Port-au-Prince pour inclure certaines zones dans les départements Centre d’Haïti et de l’Artibonite, a rapporté Miami Herald.
« Les gangs ont de plus en plus mené des attaques violentes dans les départements de l’Artibonite et du Centre, au nord de la capitale, ce qui rend nécessaire l’ajustement de la zone dans laquelle les opérations de l’aviation civile américaine sont interdites », a déclaré la FAA dans un avis révisé publié cette semaine.
« Cette expansion et ce déplacement de la zone d’opération des gangs augmentent le risque de tirs d’armes légères contre les opérations de l’aviation civile à basse altitude dans ces zones», selon cet avis.
La FAA a indiqué que les opérations de l’aviation civile américaine restaient interdites en-dessous de 10 000 pieds dans certaines zones, en raison de l’incapacité des « forces de sécurité » haïtiennes à empêcher des attaques contre des avions à Port-au-Prince et dans les régions environnantes. La plus récente d’une série d’interdictions imposées pour la première fois en novembre 2024, après que trois grandes compagnies aériennes américaines ont été touchées par des tirs de gangs.
Avec cette nouvelle prolongation, Haïti pourrait passer près de deux ans sans qu’un avion commercial américain majeur n’atterrisse à son principal aéroport, l’aéroport international Toussaint-Louverture. Une interdiction initiale de 30 jours avait été mise en place après que Spirit Airlines, JetBlue Airways et American Airlines ont signalé que leurs avions avaient été touchés par des tirs alors qu’ils survolaient l’espace aérien haïtien. L’interdiction a ensuite été prolongée à plusieurs reprises, tandis que le Département d’État américain maintenait un niveau d’alerte 4 « Ne pas voyager » pour les citoyens américains.
La France a demandé à ses opérateurs d’éviter de desservir l’aéroport international Toussaint-Louverture de Port-au-Prince. Le Royaume-Uni et le Canada recommandent également aux opérateurs de ne pas voler en dessous de 10 000 pieds au-dessus de Port-au-Prince, « en raison du risque potentiel pour l’aviation lié aux tirs d’armes légères », selon Miami Herald.
La République dominicaine, qui a fermé ses frontières avec Haïti il y a plus de deux ans, a également prolongé son avis de longue date suspendant les vols de passagers et de fret entre les deux pays, qui partagent l’île d’Hispaniola. Cette restriction restera en vigueur jusqu’au 28 mars, a rapporté Miami Herald.
Le plus récent incident de sécurité lié au transport aérien s’est produit en janvier 2026. La seule liaison internationale qui était opérationnelle à l’aéroport Toussaint Louverture a été suspendue. Il s’agit du vol qui alimentait le programme de réunification familiale entre Haïti et le Brésil.
Cette suspension intervient après que deux aéronefs ont été touchés par balles, dans l’après-midi du dimanche 25 janvier 2026, alors qu’ils étaient en phase d’approche vers l’aéroport international Toussaint Louverture, à Port-au-Prince, avait rapporté Le Nouvelliste.
À la suite de cet incident qualifié de « grave » par la direction de ZED Airlines, la compagnie qui opère le vol, a annoncé que l’ensemble de ses opérations aériennes a été suspendu avec effet immédiat, et ce, pour une durée indéterminée.
Dans un communiqué publié dans la soirée du 25 janvier, ZED Airlines a évoqué un contexte sécuritaire incompatible avec la poursuite normale de ses activités. Selon la direction de ZED Airlines, les faits constituent « un événement de force majeure et une situation exceptionnelle compromettant gravement la sécurité de l’exploitation aérienne. »
« Conformément aux principes internationaux de sécurité aérienne ainsi qu’aux obligations légales de l’exploitant, ZED Airlines S.A. a décidé de suspendre avec effet immédiat l’ensemble de ses opérations aériennes, pour une durée indéterminée, jusqu’à nouvel ordre », peut-on lire dans la note.
La suspension des vols est présentée comme une mesure conservatoire, dans l’attente de plusieurs éléments jugés déterminants par la compagnie. Selon le communiqué, la reprise éventuelle des opérations dépendra notamment « des évaluations techniques et sécuritaires, des instructions formelles des autorités compétentes, ainsi que des conclusions des enquêtes en cours. »
Dans un communiqué conjoint publié ce lundi, l’Autorité aéroportuaire nationale (AAN) et l’Office national de l’avion civile (OFNAC) ont condamné cet acte « qui met en danger la vie des passagers, des équipages et qui compromet la sécurité de l’espace aérien haïtien. »
« Les services de secours et d’urgence ont été déployés immédiatement et les équipes techniques procèdent actuellement à une évaluation complète de la situation afin de garantir la sécurité maximale pour la reprise des opérations.
Cette attaque, dont les auteurs n’ont pas été identifiés, a donné lieu à une alerte immédiate auprès des autorités de sécurité nationale pour lancer une enquête complète, et des mesures d’urgence appropriées ont été prises en vue de la mise en place d’un dispositif de sécurité et de sûreté renforcé », peut-on lire dans le communiqué.
En novembre 2024, plusieurs avions commerciaux de compagnies américaines ont été touchés par balles dans un contexte de convulsions après la chute du Premier ministre Garry Conille.
Un appareil de Spirit Airlines en provenance de Fort Lauderdale, touché par balles dans le ciel de Port-au-Prince, a provoqué l’arrêt momentané des connexions de cette compagnie et d’autres dont Jet Blue, American Airlines,avait rapporté Le Nouvelliste le 11 novembre 2024.
L’ambassade USA, dans une alerte face aux activités des gangs, publiée le même jour, ce lundi 11 novembre, avait déconseillé de voyager en Haïti et recommandé la plus grande prudence à ses ressortissants.
L’avion touché a été redirigé vers la République dominicaine. Une hôtesse de l’air a été blessée par balle, a rapporté NBC. « Un agent de bord a signalé des blessures légères et est en train d’être examiné par le personnel médical ».
Spirit Airlines a indiqué qu’elle suspendait ses services vers Haïti dans l’attente d’une « évaluation » de l’incident et que l’avion était retiré du service pour le moment.
American Airlines a publié un communiqué à la suite de l’incident, indiquant qu’elle suspendait également ses services entre Miami et Port-au-Prince jusqu’à jeudi. « Nous continuerons à surveiller la situation en gardant à l’esprit la sécurité et la sûreté et nous ajusterons nos opérations si nécessaire », a déclaré la compagnie, selon NBC.
Le site Internet de JetBlue indique que la compagnie « prévoit des perturbations en Haïti en raison des troubles civils » et qu’elle renonce aux frais d’annulation du lundi au samedi.
Le Département d’État a publié lundi une alerte émanant de l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince, indiquant qu’il était au courant d’une interruption des opérations à l’aéroport de la ville.
« L’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince est informée des efforts déployés par les gangs pour bloquer les déplacements à destination et en provenance de Port-au-Prince, ce qui pourrait se traduire par des violences armées et des perturbations sur les routes, dans les ports et dans les aéroports », avait indiqué l’alerte.
Si la PNH a multiplié les opérations à Croix-des-Bouquets, la capacité de nuisance des bandits reste intacte. L’aéroport international Toussaint Louverture est dans un périmètre non encore stérilisé dans lequel opere Viv Ansan m, designé organisation terroriste étrangere par les USA. Le gang Chen Mechan, 400 Mawozo, le gang de Canaan, le gang de Ti Gabriel opèrent dans le rayon d’approche et d’envol des avions utilisant l’aéroport international Toussaint Louverture.
Les autorités ont démoli des maisons dans le périmètre immédiat de l’aéroport. Mais les gangs qui disposent de fusil anti matériel dont des Barret M-50, posent un vrai problème de sécurité. Si l’administration Trump a désigné ces gangs d’organisations terroristes, ils continuent d’opérer et de nuire au transport aérien.
Source : Le Nouvelliste


























