Opinion. Regarder la vérité en face !

PAR JEAN-MARIE NOL*

Ne soyons plus naïfs : une dictature se profile bien de manière inéluctable et devrait s’installer durablement en France à horizon 2035.

Toutes les conditions sont désormais potentiellement réunies et tous les ingrédients sont déjà en place pour l’écriture de cette nouvelle page de histoire de la France: la dictature.

Cela étant,la vérité m’oblige à dire que selon ma propre analyse prospective, ce n’est pas qui l’on croit qui sera à l’origine de ce changement de régime en France.

Il est évident que je ne souhaite certainement pas m’eriger en une Pythie ou jouer les Cassandre, mais force est de souligner que ce ne sera pas le rassemblement national et encore moins reconquête qui sera à l’origine de cette dictature, car si le RN et ses alliés arrivent au pouvoir en 2027 ils seront très rapidement balayés par leur impuissance à résoudre les problèmes de la France et le RN finira bien aux oubliettes de l’histoire politique française.

Selon moi, il y aura une autre mouvence politique et idéologique en gestation aujourd’hui qui instaurera la dictature en France, mon nous y reviendrons en temps voulu.

En 2035, nous vivrons bien dans un régime de dictature en France , et ce n’est malheureusement plus une hypothèse de travail, et encore moins une vue de l’esprit, mais une réalité devenue inéluctable avec les crises à venir… 

Et c’est là un phénomène inarrêtable !

Notre thèse prospective totalement novatrice repose sur l’idée qu’une dictature et une forte dérive autoritaire pourrait émerger en France à l’horizon 2035 sous l’effet combiné de la crise économique et financière, de l’affaissement des valeurs morales, de l’effritement de la l’ordre et de la discipline, de l’affaiblissement des institutions sociales, de la montée exponentielle des tensions identitaires, de l’exacerbation de la question migratoire, de la recrudescence de l’insécurité et du danger de la révolution de l’intelligence artificielle. 

La France de 2035 sera-t-elle encore la démocratie libérale que les générations d’après-guerre ont connue ou basculera-t-elle vers une forme de régime dictatorial sous la pression des crises qui s’accumulent ?

Cette question, longtemps taboue et cantonnée aux marges du débat intellectuel, s’invite désormais au cœur de notre interrogation sur l’avenir de la France et des pays d’outre-mer . Car au-delà des alternances politiques et des affrontements idéologiques traditionnels, c’est un sentiment de fragilité systémique qui s’installe progressivement dans la société française et antillaise.

Une partie croissante des observateurs estime que les fondements économiques, sociaux, moraux , culturels et institutionnels qui ont assuré la stabilité du pays depuis plusieurs décennies montrent aujourd’hui des signes d’épuisement préoccupants.

Le premier facteur de cette inquiétude réside dans la situation économique et financière de la France . 

La croissance ralentit, l’inflation accélère, les déficits publics se creusent, la dette atteint des niveaux historiques et le financement du modèle social devient chaque année plus difficile. Pendant longtemps, l’endettement a permis de différer les ajustements nécessaires et de préserver un niveau élevé de protection sociale.

Mais ce mécanisme atteint progressivement ses limites avec la fin programmée de l’État providence. Le déficit chronique de la Sécurité sociale, le vieillissement démographique, l’augmentation des dépenses de santé et la stagnation de la productivité fragilisent les bases financières de l’État-providence.

Chaque année, des dizaines de milliards d’euros sont consacrés au service de la dette, réduisant d’autant les marges de manœuvre pour financer l’éducation, la santé, la sécurité, les infrastructures ou la transition énergétique et écologique.

Cette situation crée une contradiction de plus en plus difficile à résoudre. Les attentes de la population envers l’État demeurent extrêmement fortes alors même que les ressources disponibles se contractent. Le risque est alors de voir émerger une frustration collective alimentée par le sentiment que les promesses publiques ne peuvent plus être tenues.

L’histoire montre que les périodes de forte insécurité économique constituent souvent un terreau favorable à l’apparition de mouvements politiques promettant l’ordre, l’autorité, le retour de la discipline et des solutions rapides face à des problèmes complexes.

À cette crise économique s’ajoute une crise sociale et culturelle qui alimente le sentiment de désagrégation nationale de la société française. Les violences urbaines, les arnaques en tout genre, les trafics, les fraudes, la cybercriminalité, les tensions communautaires et la montée du sentiment d’insécurité occupent une place croissante dans le débat public.

Chaque épisode de violences collectives, chaque émeute ou chaque fait divers spectaculaire renforce l’impression que l’État peine à maintenir son autorité sur l’ensemble du territoire. Les réseaux sociaux amplifient ces phénomènes en diffusant instantanément les images de désordre et en contribuant à polariser davantage l’opinion publique.

Les tensions autour des questions migratoires, identitaires et religieuses accentuent encore cette fragmentation. Une partie de la population considère que l’intégration républicaine fonctionne de moins en moins bien tandis qu’une autre dénonce la stigmatisation de certaines catégories de citoyens.

Entre ces deux visions antagonistes, le débat public devient plus conflictuel, plus émotionnel et souvent moins rationnel. La cohésion nationale, qui constitue l’un des piliers de toute démocratie stable, apparaît alors de plus en plus fragile.

Parallèlement, les institutions qui jouaient traditionnellement un rôle de régulation sociale connaissent elles aussi un affaiblissement relatif. L’église a perdu toute influence, la famille est en situation de déliquescence et se transforme très mal, l’école peine à réduire les inégalités et à transmettre un socle commun de références, les grandes idéologies structurantes du passé ont perdu une partie de leur influence et les autorités morales traditionnelles disposent de moins en moins de capacité d’encadrement.

Certains analystes y voient l’érosion progressive des « défenses immunitaires » de la société, c’est-à-dire de l’ensemble des mécanismes qui permettaient autrefois d’absorber les tensions et de maintenir un consensus minimal autour des règles communes.

Mais c’est probablement la révolution technologique en cours qui constitue l’élément le plus inédit de cette période historique. Jamais une technologie comme celle de l’intelligence artificielle n’a progressé aussi rapidement ni pénétré aussi profondément toutes les dimensions de la vie économique, sociale et politique.

L’intelligence artificielle transforme déjà le travail, l’information, la défense, la santé, l’éducation et la production industrielle. Elle remet en question des dizaines de millions d’emplois tout en concentrant un pouvoir considérable entre les mains de quelques grandes puissances et de quelques entreprises capables de maîtriser les infrastructures numériques stratégiques.

La compétition mondiale entre les États-Unis et la Chine pour la domination technologique ajoute une dimension géopolitique majeure à cette transformation. L’intelligence artificielle devient un instrument de puissance comparable à ce que furent jadis l’énergie nucléaire ou la maîtrise des océans.

Celui qui contrôle les données, les algorithmes et les capacités de calcul dispose potentiellement d’un avantage décisif dans tous les domaines. Dans ce contexte, la tentation d’utiliser ces technologies pour renforcer la surveillance des masses populaires, contrôler les populations ou influencer les comportements pourrait s’accroître considérablement, avec à la clé sur le plan géopolitique un retour de la colonisation des pays du sud .

L’association de ces différents facteurs nourrit une interrogation centrale : comment réagira une démocratie confrontée simultanément à une crise budgétaire, à une fragmentation sociale, à des tensions identitaires croissantes et à une révolution technologique sans précédent ? 

Certains pensent que les institutions françaises disposent encore des ressources nécessaires pour s’adapter et se réformer. Mais nous ne le croyons pas avec d’autres qui redoutent qu’une succession de crises majeures ne conduise progressivement à une concentration du pouvoir justifiée par l’urgence économique, sécuritaire ou technologique.

L’enjeu dépasse largement les clivages traditionnels entre droite et gauche. Deux visions de l’avenir s’affrontent désormais. La première considère que les difficultés actuelles peuvent être surmontées grâce à des réformes démocratiques profondes, à une modernisation économique et à une adaptation des institutions.

Mais c’est trop tard, selon nous,pour un redressement , alors reste d’actualité la seconde thèse qui estime que l’accumulation des crises finira par rendre inopérants les mécanismes habituels de gouvernance et favorisera l’émergence d’un pouvoir plus centralisé, plus directif , plus autoritaire et moins contraint par les contre-pouvoirs traditionnels.

Au fond, ce n’est peut-être pas l’idéologie qui tranchera ce débat, mais la réalité économique elle-même. Car lorsque les ressources financières deviennent insuffisantes pour satisfaire les attentes collectives, lorsque la confiance dans les institutions s’érode et lorsque la peur du déclassement social s’installe durablement, les sociétés peuvent être tentées d’échanger une partie de leurs libertés contre la promesse d’un retour à l’ordre drastique.

La question qui se pose aujourd’hui n’est donc pas seulement de savoir si la France risque une dérive vers un régime de dictature à l’horizon 2035. C’est là inéluctable. Elle est de savoir si la société française saura se réinventer suffisamment vite après 2035 pour éviter une nouvelle révolution, et que les crises du XXIe siècle ne fragilisent durablement les principes démocratiques qui la fondent depuis plus de deux siècles. Vive Ubu roi !

En conséquence, ce paradoxe permettrait légalement d’instituer une dictature à la place de l’actuelle démocratie sans qu’une autorité exécutive ait force d’intervention légale. Il ne resterait plus au peuple que la solution déjà expérimentée en 1789 de destituer par la force populaire son et ses représentants devenus illégitimes de fait.

Aussi, est-il indispensable d’apporter d’urgence une réponse à notre postulat de base que nous considérons comme irréfragable : la dictature est-elle inéluctable en France en 2035 ?…

Et tout laisse accroire aujourd’hui à la fiabilité de notre vision prospective de l’instauration prochaine de la dictature en France.

En foi de quoi, nous réitérons notre précédent appel à une intégration institutionnelle plus poussée des pays d’Outre-mer, notamment des Antilles-Guyane au sein de l’Union Européenne.

*Economiste et juriste

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