Rentrée politique du GUSR aujourd’hui en Guadeloupe. Le cadre : le hall des sports de Capesterre Belle-Eau, terres de Jean-Philippe Courtois, vice-président du GUSR, qui accueillait ici le président Guy Losbar, le bureau directeur de la formation politique, les élus du Département et de la Région membres, les militants.


Table d’honneur de qualité, autour de Guy Losbar et Jean-Philippe Courtois : Solanges Nadille, sénatrice, vice-présidente du Sénat, Dominique Théophile, sénateur, Henri Angélique et Sabrina Robin, vice-présidents du Conseil départemental, Camille Pelage et Sylvie Gustave dit Duflo, vice-présidents de la Région.
Guy Losbar :
Assis au premier rang du public, des élus, maires et conseillers de la Région et du Département. Derrière, des militants par centaines.
Discours d’ouverture, classique, témoignages de militants, discours des membres du bureau.
Henri Angélique, pour parler de la jeunesse, Camille Pelage des institutions, Sylvie Gustave dit Duflo de l’eau, Sabrina Robin de la continuité territoriale, de la santé, de la société en,attente.
Solanges Nadille dont on a félicité son élection à la vice-présidence du Sénat où elle a succédé à Dominique Théophile.
Jean-Philippe Courtois est allé droit dans le politique.
« Aujourd’hui, la Guadeloupe se trouve à un carrefour décisif de son histoire. Parler d’évolution institutionnelle, ce n’est pas simplement débattre de textes juridiques ou d’ingénierie constitutionnelle. Parler d’évolution institutionnelle, c’est aborder ce qui façonne directement le quotidien de chaque Guadeloupéenne et de chaque Guadeloupéen : l’efficacité de l’action publique. Et au cœur de cette ambition réside une priorité absolue : la simplification administrative.
Pendant trop longtemps, nos concitoyens, nos entrepreneurs, nos marins-pêcheurs, nos agriculteurs et nos jeunes ont souffert d’un carcan administratif lourd et adapté aux réalités hexagonales, mais parfois déconnecté des réalités archipélagiques. Chaque démarche est aujourd’hui perçue comme un parcours du combattant. La superposition des compétences, le millefeuille administratif et la lenteur des circuits de décision sont autant de freins à l’initiative privée et à la réussite collective. La simplification administrative n’est pas une coquetterie bureaucratique ; c’est un impératif économique et social. Libérer nos forces vives, c’est leur redonner du temps, de la lisibilité et de la confiance. »
Solution proposée par le GUSR : « L’évolution institutionnelle comme levier d’action. »
De quoi s’agit-il ? « L’évolution institutionnelle ne doit pas être perçue comme une fin en soi, mais comme un moyen au service de l’efficacité. Elle doit nous permettre de reprendre la main sur la décision publique afin de l’adapter directement aux spécificités de notre territoire. »
Que propose M. Courtois ? « Un guichet unique territorial : fusionner et harmoniser les interlocuteurs pour les entreprises et les particuliers afin de mettre fin au dédale des procédures.
L’habilitation à adapter les normes : adapter la réglementation nationale à nos enjeux réels — qu’il s’agisse du foncier, du logement, de la continuité territoriale ou du développement durable.
La dématérialisation et la proximité : rapprocher le service public du citoyen grâce aux outils numériques, tout en garantissant un accompagnement humain dans chaque commune et section. »
Un nouveau rapport avec l’Etat

« Nous ne devons plus tendre la main mais exiger ce dont la Guadeloupe a besoin pour se developper et repondre aux attentes de nos concitoyens. En mai prochain, il nous ait donné l’occasion déjà de définir les contours de cette future relation en faisant le choix d’un candidat qui connaisse et qui respecte les Outre-mers. Car au delà, de poursuivre l’évolution administrative de notre pays, nous aurons besoin surtout d’une Guadeloupe qui réponde aux besoins premiers de sa population. »
Jean-Philippe Courtois précise :
« Je veux penser à :
– l’eau quand aujourd’hui cela fait 10 jours que le quartier dans lequel nous nous trouvons n’en a pas alors même que nous faisons des travaux. Mais la seule contribution des collectivités de Guadeloupe ne saurait régler ce problème. 150 millions qui aurait pu être au service des politiques sociales ou du développement économique.
– La sécurité quand ce matin nous nous réveillons en constatons qu’un nouveau cap a été franchi avec 3 victimes dont 2 policiers. Et j’ose me rappeler de ces 2 victimes innocentes qui ont perdu la vie à quelques mètres d’ici. Nous devons exiger des réponses claires
– L’emploi : la préférence à l’embauche locale à compétence égale / faire de la Guadeloupe un territoire expérimental pour la vulgarisation des parcours emploi compétences qui seraient financées à 100% par l’Etat.
– La santé qui se rappelle à nous en ce mois d’octobre rose, j’ose avoir une pensée pour toutes celles et ceux qui ont eu à affronter un cancer avec toutes les difficultés liées à une prise en soin optimale. Chacun de nos concitoyens a le droit d’avoir à proximité de chez lui un généraliste ainsi que les spécialistes dont il a besoin. »
Un pacte de confiance avec la population
« Mes chers collègues, l’évolution institutionnelle de la Guadeloupe doit s’inscrire dans un pacte de confiance renouvelé avec nos concitoyens. Nous ne devons pas leur promettre seulement de nouvelles structures, offrons-leur une administration qui simplifie la vie au lieu de la complexifier.
Faisons de cette réforme le moteur d’une Guadeloupe audacieuse, d’une Guadeloupe unie, responsable et tournée vers l’avenir ! Mais surtout créons les conditions pour l’avènement de ce projet. Des échéances clés nous attendent afin que nous ayons les relais nécessaires dans les institutions où les décisions vont être prises ! Pour toutes ces raisons, vous comprendrez aisément quand je vous dirai que la solution est en nous. Parce que la Guadeloupe sé nou tou
Jean-Philippe Courtois :
Dominique Théophile rend un hommage appuyé à Dominique Larifla, celui qui a créé les conditions d’une nouvelle gauche en Guadeloupe, d’où est issu le GUSR.
« Je suis venu vous parler de la Guadeloupe »
C’est un discours offensif que celui de Guy Losbar. Il rappelle les Guadeloupéens, forcés de faire des réserves d’eau, de payer très cher l’essence à la pompe, qui voient se fermer petit à petit toutes les entreprises de son quartier et accompagnent à l’aéroport des enfants qu’ils en sont pas sûrs de revoir un jour au pays.
« Cette Guadeloupe-là est en colère. Cette colère est légitime et je la partage. »
Il poursuit en légitimant cette colère née de promesses pas tenues qui ont fissuré la confiance. « Je ne viens pas m’exonérer, j’exerce des responsabilités. J’en assume ma part. » Mais, Guy Losbar refuse cette « facilité » qui, dit-il, « consiste à tout mettre sur le dos des élus locaux quand les leviers décisifs — la fiscalité, les prix administrés, le droit des entreprises, le financement des hôpitaux, l’organisation même de nos institutions — se rtrouvent à Paris. »
« La défiance, soutient-il, ne se combat pas avec des mots. Elle se combat avec trois choses : un objectif, une date, un responsable. »
« Parlons clairement à l’Etat. Nous ne venons pas tendre la main, nous venons réclamer notre dû. L’égalité réelle n’est pas une faveur que l’on accorde aux Outre-mer les années fastes. C’est une promesse de la République. Et, une promesse non tenue s’appelle une dette. »
Guy Losbar évoque tout à tour l’eau, l’assainissement, la santé, les carburants, les entreprises. L’eau pour laquelle le Département met des fonds en quantité, et attend que l’Etat fasse sa par, notamement au travers de l’opération d’intérêt national, d’une loi de programmation, avec un calandrier public des tours d’eau ; l’assainissement idem; la santé, avec un apurement des dettes de l’ancien CHU pour que le nouveau fonctionne; les carburants pour lesquelles le président Losbar exige que les composantes des prix soient mises sur la table pour voir à qui profitent les taxes; les entreprises avec un arrêt des poursuites de celles qui sont viables pour leur permettre de se redresser.
Pour ce qui est de l’arrivée de la Route du Rhum dans quelques semaines, Guy Losbar souhaite que la fête soit belle mais que la Guadeloupe ne soit pas un décor de carte postale mais une Guadeloupe de chair et de sang, avec « un peuple debout, lucide, qui saiot ce qu’il veut et qui l’exige. La lumière qui se posera sur nous, nous la mettrons au service de notre cause.»
Pour la présidentielle, dans quelques mois, « pas de chèque en blanc ! » mais un concept : « An nou fè Gwadloup ansanm ! Le contrat des 20 »
De quoi s’agit-il ? De vingt priorités qui sont aussi vingt exigences : l’eau, les carburants, les entreprises, la vie chère, la santé.
« Nous exigeons qu’elles fassent l’objet d’engagements dans els cent premiers jours du prochain quinquennat. »
« Viennent ensuite le travail et la production, un emploi pour chaque jeune, la formation aux métiers d’ici, le retour de nos talents, la souverakineté alimentaire, un tourisme qui créée de la valeur ici plutôt qu’ailleurs. Puis la protection de chacun, le logement décent, nos aînés, nos personnes en situation de handicap, la petite enfance, la mobilité, la réponse au dérèglement climatique qui ronge déjà nos côtes. »
« Et enfin, la clé de tout : décider ici pour mieux vivre ici. »
Ce contrat, qui sera discuté d’ici la fin de l’année avec toutes les forces de la Guadeloupe, sera remis à chaque candidat dans l’attente de réponses précises.
En attendant, Guy Losbar n’entend pas rester inactif, mais poursuivre le travail de fond engagé depuis 2O22 pour une évolution institutionnelle. « Le Congrès des élus est la seule enceinte où la Guadelopupe toute entière délibère et parle d’une seule voix devant l’Etat. »
Et de conclure : « La balle est dans le camp de l’Etat. C’est à lui d’organiser la consultation des Guadeloupéens. Nous l’exigerons de chaque candidat à la présidence :; quelle date, quelles modalités ? En attendant, nous n’attendrons pas. Avec la Région, dans le cadre du contrat de gouvernance que nous avons signé ensemble je propose de mettre fin dès maintenant à l’enchevêtrement de nos compétences.»
























